L'ancêtre Thibault : François Thibault # 4

Publié le par Michel Ladouceur

FRANÇOIS THIBAULT                              1647 – 1724

 

 

# 4

 

 

1674 : le pionnier à la Seigneurie de Vincelotte


 

En 1674, François Thibault vendit la terre achetée en 1669 sur la côte de Beaupré et s'établit sur une autre terre dans la seigneurie de Vincelotte. Une concession fut faite à François Thibault le 9 avril 1674 par Geneviève de Chavigny devant le notaire Romain Becquet. (1)

 

Geneviève de Chavigny était la  fille de François de Chavigny sieur de Berchereau et de Éléonore de Grandmaison. Elle est née et fut baptisée le 28 janvier 1646. Elle se maria en premières noces, à l’âge de 14 ans, soit le 2 mai 1660 à Québec,  à Charles Amyot, marchand bourgeois de Québec, qui décéda le 10 décembre 1669.  Elle était depuis 1672 seigneuresse de Vincelotte, seigneurie héritée de son père. (2)

 

 

 

"une concession en la dite seigneurie de Vincelotte d'une contenance de vingt arpents de terre complantée en haut bois et de trois arpents de front sur le bord du fleuve Saint-Laurent sur quarentes arpents de profondeur bornée d'un côté au manoir seigneurial et des terres non concédées, d'un bout par devant le dit fleuve Saint-Laurent et l'autre bout la ligne autour qui sépare la dite profondeur d'avec les autres terres en la dite seigneurie".


 


"Le dit Thibault garanti, promet et s'oblige de payer à la dite demoiselle de Chavigny ses hoirs et ayant cause de ce jour à la durée pour chaque an, la somme de six livres et trois chapons vifs de rente seigneuriale et un sol de cens pour coût de la dite concession".


 


"Et s'y établir, d'avoir feu et lieu sur la dite concession ou autre pour lui dans l'an et jour des dates des présentes et commandons de s'y bâtir, résider et travailler sur la terre suffisamment".


 


"Jouira le dit Thibault du droit de chasse et de pêche ou dedans et au devant de la dite concession sauf au manoir de la dite demoiselle".


 


"Sera tenu le dit Thibault, obligé d'y apporter ses grains à moudre au moulin et cuire aux fours banals de la seigneurie lorsqu'il en aura de construits et aussi d'ouvrir et passer sur la dite concession tous les chemins qui seront jugés nécessaires".


 


"Et en plus pour proner et nourir amitié entre le dit Thibault et ses voisins, il sera obligé de clore le devant de la dite concession jusqu'au chemin de dix huit pieds qui sera tiré sur le bord du fleuve à plus haute marée de telle sorte que aucuns bestiaux ne puissent passer au travers. Ce cas arrivant, il ne pourra prétendre aucune espèce de dommages et intérêts pour les délits et dégâts que pourraient faire les dits bestiaux".


 


"Jouira aussi le dit Thibault des prairies qui sont sur ces batures du dit fleuve au devant de la dite seigneurie que la marée couvre pour pâturer ses bestiaux conjointement avec ceux de la dite demoiselle et ses autres tenant titres en la dite seigneurie".


 


"Et pour tenir lieu de commune sera pareillement tenu le dit Thibault de conserver debout tous les arbres de bois de chêne qui seront sur la dite concession propre à la construction des vaisseaux".


 


"Fait et passé à la ville de Québec en maison de la dite demoiselle de Chavigny l'an mil six cent soixante quatorze le neuvième jour d'avril en présence d'eustache Lambert et jacques...? demeurant au dit Québec, témoins qui ont signé avec la dite demoiselle de Chavigny et notaire. Et le dit françois Thibault a déclaré ne savoir écrire, ni signé de ce enquis suivant l'ordonnance".


 

 
« Les labours »,
   « Turning the Harbow »,

 

            Horatio Walker, Musée du Québec

 

 

   

 

François Thibault enregistrait aussi devant le notaire Romain Becquet un bail à titre de loyer. François louait la terre du domaine seigneurial de Geneviève De Chavigny et s’engagait à défricher et à cultiver cette terre. En échange de quoi, il devait remettre  la moitié du grain et construire un hangar aux frais de la seigneuresse. Voici quelques extraits de ce bail daté du 10 avril 1674 (3) :

 


 

"Fut présent en sa personne damoiselle Geneviève De Chavigny dame de la seigneurie de Vincelotte veuve de feu Sieur Amiot demeurant en cette ville. Laquelle a volontairement baillé et délaissé à titre de loyer, toute moitié de grain pour un an à commencer ce jour d'hui date des présentes et finir à pareil jour. Et promet pendant le dit temps garantir de faire jouir à François Thibault habitant, demeurant en ladite seigneurie de Vincelotte".
"Pour jouir, faire et disposer de la dite terre par le dit preneur au dit titre pendant ledit an durand, est obligé de faire un bon père de famille".
"Ce présent bail, fait aux charges, clauses et conditions suivantes. Moyennant que ladite damoiselle aura à son profit particulier la moitié par ? de tout le grain qui se recueillira sur ladite terre pendant ledit an. Que ledit preneur sera tenu, promet et s'oblige de lui livrer, battre, remis et bien conditionné sur ladite seigneurie au printemps prochain".
"Comme aussi d'ensemencer toute la terre qu'il prendra et qui lui sera livrée en estat de recevoir semences dans le temps des semences. Même de conserver ledit grain après la récolte soit en gerbe ou en ? jusqu'au dit printemps en telle sorte que la dite damoiselle ne souffre aucune perte ni diminution sur sa moitié. Sera tenu et s'oblige ledit preneur de faire ou faire faire un hangard de dix huit à vingt pieds en quarré bien ? pour mettre les grains de se terre, lequel ladite damoiselle sera tenu de payer ce dont ils conviendront des travaux ou de l'estimation des présentes dont ils conviendront pour cet effet".


 

 


 

 

Michel Ladouceur, 26 janvier 2006

 

1 :    Site de Pierre Thibault,  http://www3.sympatico.ca/jn-pier.thib/thibault

 

2 :   Jetté, René : Dictionnaire généalogique des familles du Québec, des origines à 1730, Gaétan Morin Éditeur, Montréal, 2003 

 

3 :    Site de Pierre Thibault,  http://www3.sympatico.ca/jn-pier.thib/thibault

 

moulin_vincelotte_1690.jpg vincelotte_moulin.jpg 
 Selon le recensement de 1681, François Thibault cultivait cinq arpents et possédait quatre bêtes à cornes. Comme tous les censitaires, il utilisait le moulin de la seigneurie pour moudre son grain et remplir ses obligations envers la seigneuresse. Érigé en 1690, sous les auspices de Charles-Joseph Amyot de Vincelotte, sur un emplacement de la seigneurie de Cap-Saint-Ignace concédée à sa mère, Geneviève de Chavigny, par Jean Talon, en 1672, le moulin banal, aujourd'hui dit de Vincelotte, est le seul vestige de moulin à vent de la rive sud du Saint-Laurent, depuis Bécancour jusqu'à Gaspé.

Ce qu'il en reste, une tour construite en maçonnerie de pierre des champs, d'un diamètre extérieur de 6,5 mètres, d'une hauteur de 7,4 mètres, fut restaurée une première fois en 1924 par la Commission des monuments historiques et une deuxième fois, en 1980, où les joints de maçonnerie sont refaits à neuf. Le toit prend une forme octogonale à faible pente. Aucune machinerie, ni accessoire, ni aile, ni maître-arbre n'ont cependant résisté au temps.


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