Les cageux

Publié le par Michel Ladouceur

 

presdupontvictoriaPrès du Pont Victoria.   Source : Archives publiques du Canada

 


Les cageux


Les cageux étaient ces voyageurs qui transportaient le bois  sur la rivière Outaouais et le fleuve St-Laurent jusqu’à Québec où d’autres travailleurs embarquaient le bois sur des bateaux en partance pour l’Angleterre.  Jeunes gaillards de moins de 30 ans, parfois très jeunes, ils menaient la vie dure vivant et couchant à la belle étoile ou presque sur les cages pendant plusieurs semaines, faisant face aux éléments de la nature : courants vigoureux,  vents forts, tempêtes glaciales, rapides dangereux. 

 

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Cages en préparation sur le Lac des Chats

 

 

Les cages
Les « plançons » étaient des troncs d’arbre équarris par les hommes.

Jusqu’à 2500 « plançons » étaient reliés ensemble avec des « harts », liens flexibles faits de branches de jeunes bouleaux, pour former des « cribes » ou des « drames ».

Les « cribes » étaient des radeaux de 8 sur 15 mètres tandis que les « drames » pouvaient atteindre 12 sur 30 mètres.

Jusqu’à 100 « cribes » ou  « drames formaient une « cage ».

La « cage »  était donc une grande plateforme flottante formée de billots flottants tel le pin, et chargée de bois équarri tel le chêne et de madriers divers, menée par une équipe d’hommes qui y vivaient pendant plusieurs semaines. De nombreuses cages formaient sur le fleuve un « train de bois flottant ».

Les cages  quittaient la région de l’Outaouais et empruntaient la rivière Gatineau, puis la rivière Outaouais, le Lac des Deux montagnes, le fleuve St-Laurent, le Lac St-Pierre pour arriver à Trois-Rivières et Québec. De là le bois était embarqué à bord de navires qui étaient dirigés vers les chantiers navals d’Angleterre. Pour franchir les rapides, on détachait les radeaux un à un. Sur les lacs on hissait parfois des voiles.

 

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L’attente du repas sur le radeau de J.R. Booth, vers 1880. 

Source : Archives publiques du Canada.

 

 

La cambuse


Sur une cage d’un train de bois était installé un abri servant de cuisine. C’était la « cambuse » où le « cook » préparait ses « beans ». Celle-ci étaient cuites avec du lard dans des chaudrons de fer enfouis toute une nuit dans du sable chaud qui reposait sur le radeau.

Michel Ladouceur
27 avril 2006


 

 

LA CHANSON DES RAFTMANS
D’où qui sont tous les raftmanns ?

D’où qui sont tous les raftmanns ?

Bing sur le ring, Bing sur la rang
Laissez passer les raftmanns
Bing sur le ring, bing bang!

Dedans Bytown sont arrêtés
Dans les chantiers ils sont montés
Des provisions ont apporté
Sur l'Outaouais s'sont dirigés
En canot d'écorce ont embarqué
Dans les chantiers sont arrivés
Des manch's de hach's ont fabriqué
Ils ont joué de la cognée
À grands coups de hach's trempé's
Pour l'estomac leur restaurer
Des porc and beans ils ont mangé
Après avoir très bien dîné
Un' pip' de platr' ils ont humé
Quand le chantier fut terminé
S'sont mis à fair' du bois carré
Pour leur radeau bien emmancher
En plein courant se sont lancés
Sur l'ch'min d'Ayulmer ils ont passé
Avec l'argent qu'ils ont gagné
Sont allés voir la mèr' Gauthier
Et les gross's fill's ils ont d'mamdé
Ont pris du rhum à leur coucher
Et leur gousset ont déchargé
Le médecin ont consulté




Lettre de change pour une cage de cèdre

La lettre de change est du papier-monnaie au même titre que la monnaie de carte employée en Nouvelle-France. Souvent employée à l’époque, elle compensait pour le manque de véritables pièces de monnaie attendues de France.  L’habitude persista  d’utiliser couramment cette promesse de paiement faite sur papier. Ainsi ici, promesse est faite de  payer à Amable Beaufils 90 livres pour une cage de cèdre.

John Reed Ecuyer trésorier des chemins, &c.

Monsieur

Il Vous plaira payer à Amable Baufy [Beaufils] quatre vingt dix livres pour une cage de cedre contenant cent vingt cedres de vingt pieds.

Montreal le 24e May 1797

P. [Paul] Lacroix "

Source : Lettre de change pour une cage de cèdre, 24 mai 1797. Fonds Cour des sessions générales de la paix du district de Montréal. TL32,S37,P1797 (06-M)




À consulter  sur les cageux :

Labastrou, Éliane et Roger :  L’ère des cageux uen épopée du XIXè siècle, Société du patrimoine et d’histoire  de  l'Île Bizard, 2004

Trépanier, Léon : À l’époque où les cageux s’arrêtaient à la Pointe-aux-Carrières…, La Patrie, dimanche, le 13 février 1949

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