La guerre de Sécession

Publié le par Michel Ladouceur


Les Canadiens français et la guerre de Sécession

En 1860, les Etats-Unis vivent un éclatement. Depuis le début du siècle, les économies du Sud et du Nord se sont développées très différemment. Le Nord industrialisé a besoin de mesures protectionnistes tandis que le Sud qui a une économie agricole soutenue par l’esclavage, réclame la libre circulation des biens. Le Canada suivra la ligne directrice de la Couronne britannique et appuiera le Sud. L’Église catholique du Canada français qui s’oppose à l’esclavage soutiendra la sécession du Sud. Elle voit dans la société américaine du Nord un univers matérialiste sans valeurs morales. Elle perçoit la démocratie américaine comme moteur d’anarchie et de désordre social. Elle se reconnaît plus dans le Sud agricole et religieux.
Malgré ces positions de leur gouvernement et de leur église, les Canadiens français seront nombreux à quitter leur pays, à s’établir en Nouvelle-Angleterre et même à s’engager dans l’armée américaine du Nord.

Pourquoi ? Par patriotisme envers le pays d’accueil ? Pour la défense d’idéaux ? Les motivations de ces jeunes dans la vingtaine (quelques-uns seront à peine sortis de l’adolescence) seraient plutôt la recherche de l’aventure et d’un meilleur sort au plan économique. La vie rurale au Bas-Canada était très difficile. Le nombre d’enfants par famille était grand. Les garçons étaient nombreux à espérer prendre la relève du père sur la terre, qui d’ailleurs ne pouvait être morcelée indéfiniment.  Il fallait donc pour plusieurs d’entre eux élargir leurs horizons et dépasser la frontière du pays tantôt vers l’ouest canadien lointain ou plus près vers la Nouvelle-Angleterre. Ce sont surtout les avantages financiers, soldes et primes, qui amenèrent les jeunes à s’enrôler sans savoir vraiment les risques qu’ils prenaient.

On retrouve plusieurs de nos ancêtres qui temporairement émigrèrent aux Etats-Unis pour faire un coup d’argent, pour « faire la piastre ». Quelques-uns durant les années 1861 à 1865,   s’enrôlèrent dans l’armée des Nordistes.

On peut retracer entre autres un dénommé Jean-Baptiste Ladouceur (Baptistis Ladousa) qui, à l’âge de 23 ans, s’enrôlait le dimanche 20 octobre 1861 à Saginaw au Michigan. Il fut assigné au 10è régiment d’infanterie du Michigan.
Jean Thibault s’engagea à Worcester au Massachusetts pour le 21è régiment du Massachusetts, le 12 août 1861. Il était âgé de 20 ans.
Joseph Thibault (Teaboult), alors âgé de 28 ans, fut assigné au 25è régiment du Massachusetts. Il s’était inscrit le 16 octobre 1861 à Worcester.
Samuel Thibault (Tiebout) s’enrôlait là l’âge de 28 ans pour le 5è régiment de New York le 9 mai 1861.

Michel Ladouceur
30 juin 2006

Source :    Lamarre, Jean :    Les Canadiens français et la guerre de Sécession, VLB éditeur, Montréal, 2006







 

Source : wikimedia / Lincoln

Source : wikimedia / Lincoln

Publié dans DÉCOUVERTES

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article