L'ancêtre Jean Brochu # 3

Publié le par Michel

1673 : le voisinage et les conflits

eglisestjeanorleans

En 1667, les voisins immédiats de Jean étaient  d’un côté Charles Marolles et de l’autre Gabriel Roger. Charles Darcour dit Marolles était né à Paris. Il avait 25 ans à l’époque. Il ne se maria pas et décéda très jeune suite à une noyade dans le fleuve. Il fut enterré à Québec le 25 novembre 1677. Il semblerait qu’il céda sa terre à un dénommé Jacques Bidet.

 Jacques Bidet dit Desroussels, fils de Pierre Bidet et Marie Allaire, était de la région de Saintonge en Charente-Maritime, sur le territoire de l’évêché de Saintes. Né en 1646 ou  aux environs, il était au pays en 1665 puisqu’il était religieusement confirmé vers l’âge de 19 ans, le 24 août 1665 à Québec. Il se maria avec Françoise Desfossés le 18 octobre 1669 à Ste-Famille de l’Ile d’Orléans. Ils eurent 6 enfants tous nés à Ste-Famille.

Gabriel Roger était lui originaire de Ste-Verge de l’évêché de Poitiers dans le Poitou, près de Thouars. Il était le fils de René Roger et de Jeanne Augeard.  Le 12 octobre 1669, il se maria avec Marie de Lacour, fille de Guillaume de Lacour et de Marie Birra, de St-Germain l’Auxerrois à Paris. Il enregistra un contrat de mariage à Québec le 30 octobre 1669. De 1670 à 1677, le couple eut 5 enfants. Mais Marie décéda par après. Elle ne fut pas citée dans le recensement de1681. À l’âge de 48 ans, le 17 novembre 1677, Gabriel Roger se remaria avec Marie Louise Bolper. Ils n’eurent pas d’enfants. Gabriel Roger mourut le 24 juillet 1699 et fut enseveli le lendemain à St-Jean. Il fut un voisin important dans la vie de Jean Brochu. En effet, il fut tantôt en conflit, tantôt en collaboration avec l’ancêtre.

 

Église St-Jean de l'île d'Orléans

Ainsi, en 1673, un litige opposait Gabriel Roger à Jacques Bidet et Jean Brochu. Le Conseil Souverain saisi de l’affaire invitait le curé missionnaire de Ste-Famille, l’abbé Benoît Pierre Duplein, à arbitrer le différent. L’abbé Duplein alors âgé de 34 ans, était arrivé au pays depuis seulement 2 ans.

Quelques années plus tard en 1676, le Conseil Souverain dut encore intervenir. Le 2 juillet 1676, un dénommé Paul Linard avait demandé justice dans un conflit avec Jean Brochu. Le 2 août le Conseil condamna

  «  iceluy Brochu …desdommager le dict Linard au dire d’experts de la perte et retardements de ses semences ».



 En 1692 c’est son voisin, Gabriel Roger, qui s’emporte contre Jean qui refuse de payer  plus de 36 livres pour des minots de pois parce que le prix exigé, 187 livres, en était excessif selon Jean. Ce dernier perdit sa cause et dut payer pour ses 34 minots de pois verts et les 4 minots de petits pois.



La vie ne semblait pas facile pour l’ancêtre. En 1681, il dut s’endetter chez le marchand Jean Garos pour l’acquisition de marchandises d’une valeur 104 livres. Jean mit en garantie deux de ses bœufs. Il avait alors. selon le recensement de 1681,  4 bêtes à cornes et 16 arpents de terre en culture. Ses trois premiers enfants avaient  respectivement 9, 7 et 4 ans. Le recensement révèle que ses voisins immédiats étaient Nicolas Boissonneau marié à Anne Collin et Gabriel Roger dont l’épouse, Marie Lacour, était récemment décédée.

Le 17 octobre 1684, Jean Brochu et Jacques Bidet s’engagent devant le notaire royal et juge bailli de l’Île d’Oléans Pierre Duquet à prendre en charge pour une période de 5 ans la terre de leur voisin commun Gabriel Roger, se séparant équitablement les champs.  Le contrat spécifie que Jean devra à Gabriel

« aussy par chacun an a pareil temps aussy dix minots de bled et dix minots de pois, a la reserve de première  que le led Brochu luy payera vingt minots de bled ».

  Le contrat est paraphé par Hippolyte Tibierge et Nicolas Gauvreau, tous deux de. la basse ville de Québec. Tibierge  était un marchand tanneur  et son fils aîné Gabriel cultivait la terre dans le voisinage de Jean. Gauvreau était  armurier, serrurier et arquebusier.

Jean Brochu était donc un homme très actif à l’Île d’Orléans, se mêlant à la vie des colons de l’endroit. On peut l’imaginer discutant de ses droits. Lui et sa femme Nicole s’impliquèrent dans la vie sociale de la place en étant témoins officiels à l’occasion d’événements importants pour leur petite communauté.

Ainsi Nicole fut marraine le 23 avril 1672  du 2ème fils de Gabriel Roger qui portât le même prénom que son père. Elle fut aussi marraine de Marie Bidet la 2ème fille de Jacques Bidet. Quant à Jean, il signa comme témoin à de nombreux  mariages. Ce fut le cas pour 2 filles de Jacques Bidet : Marie qui épousa Charles Allaire le 19 novembre 1691 et Françoise qui épousa François Élie dit Breton le 23 septembre 1692. Ces 2 mariages eurent lieu à St-Jean de l’Île d’Orléans. Marie et Charles eurent 12 enfants tandis que Françoise et François se contentèrent de 4 filles et de 4 garçons.

Jean Brochu fut aussi témoin pour les mariages suivants :

Jean Cojean dit Saint-Brieux, soldat originaire de la Bretagne, se mariait avec Suzanne Marceau le 7 septembre 1699,  à St-Jean de l’Île d’Orléans.

Jacques Lebrun dit LaSonde épousait Catherine Chapelain à St-Pierre de l’Île d’Orléans, le 12 janvier 1693.

 Le 9 janvier 1690,Pierre Avard et Louise Gauthier, veuve de Louis Greffard,  se marièrent à St-Jean de l’Île d’Orléans.

Jean Morier (Mourier), dit le Père Véron épousait à l’âge de 47 ans Marie Minaud le29 octobre 1678 Ste-Famille  de l’Île d’Orléans.

René Bisson dit l’Épine et Louise Valet se marièrent à Québec le 16 septembre 1670.

Pierre Terrien, originaire de la région de la Rochelle qu’il quitta à l’âge de 21 ans pour venir en Nouvelle-France à titre d’engagé, épousa   Gabrielle Minaud le 17 mai 1670 à l’église de Ste-Famille. Ce couple eut 14 enfants de 1672 à 1696.

 

1705 : la succession

Jean Brochu décéda le 27 février 1705 à l’âge de 65 ans. Il fut enterré le lendemain à St-Jean. Nicole Saulnier lui survivra durant 9 ans. En 1709, Nicole Saulnier fait don de ses biens à son fils aîné Jean. La dotation est enregistré le 14 octobre 1709 devant le notaire royal Louis Chamballon. Il y était dit que tous les biens de Nicole, terre, animaux  et bâtiments, allaient à Jean à la condition qu’il assuma les dettes : 100 livres pour un cheval, 80 livres à Joseph Riverin, 40 livres à un dénommé Foucault, 33 livres à une dame Létourneau, 18 livres à Thomas Plante, 24 livres au curé Boucher, etc. Le couple Jean Brochu et Nicole Saulnier semblent avoir été dépensiers …ou forts en affaires. Les témoins au contrat étaient le praticien René Claude Barolet et le boulanger René Bouchard.

Nicole Saulnier décéda le 2 novembre 1714 à l’âge de 63 ans. Elle fut  enterrée le lendemain à Saint-Jean de l’Ile d'Orléans. Son fils Jean ne lui survécut qu’un an. Il mourut  le 26 mars 1715. Sa veuve, Françoise Delaunay, se remaria rapidement soit le 6 juillet 1716, à St-Jean, avec Jacques Greffard. Le couple demeura sur la terre de l’ancêtre. Ce qui amena le fils aîné de Françoise, Jean, le  troisième « Jean Brochu » à quitter l’île et à s’installer à Saint-Vallier de Bellechasse.

 
Jean et Nicole avaient eu 4 enfants : Jean, Marie, Anne et Mathurin.

Depuis le 23 juin 1991, un monument commémoratif est érigé sur le chemin Royal à Saint-Jean, à l’emplacement même de la terre de l’ancêtre.

 

Michel Ladouceur, 11 avril  2006
Sources :

1 :   Lebel, Gérard : Jean Brochu, Revue Ste-Anne de Beaupré, Juin 1984.

2 :  Jetté, René : Dictionnaire généalogique des familles du Québec, des origines à 1730, Gaétan Morin Éditeur, Montréal, 2003

3 :   Inventaire des lieux de mémoire de la Nouvelle-France, Université Laval,  http://inventairenf.cieq.ulaval.ca

Publié dans Famille Brochu

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article