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Règlement sur le prix du pain

Publié le par Michel Ladouceur

Règlement sur le prix du pain

« En Nouvelle-France, le blé constitue le fondement du niveau de vie. La moindre variation de son prix entraîne de graves répercussions sur l’économie de la colonie. Chaque année, l’intendant doit donc fixer le prix du blé après avoir mené son enquête sur la récolte et les réserves des agriculteurs. Avec le prix du blé comme base économique, on réussit à réglementer le prix de plusieurs articles essentiels à la subsistance. C’est le cas du pain. Nous vous présentons ici un extrait du règlement qui fixe le prix du pain pour l’année 1687.» (1)

  

Sur Le Raport fait au Conseil par Mr. Jean Baptiste Depeirade, et Charles Denis de Vitré Conseiller en I celuy, Commissaires Deputez pour presider a l'assemblée des habitans de cette ville,

tenüe au palais dela prevosté d'Icelle au sujet de la police,

le dix huitiesme du present mois Suivant l'arrest du huitiesme deced. [cedit] mois,

Et aprez lecture faite du proces verbal dud. [du dit] commissaire y contenant les articles,

Et resultat des propositions faites en lad. [la dite] assemblée,

Le Lieutenant General en la prevosté ayant esté mandé, I celuy Ouy Et Entendu en son avis, Et retiré; Et sur le tout deliberé

Le dit Conseil aprez avoir ouy le procureur general du Roy, a Ordonné et Ordonne que comme le bled n'a pas changé de prix depuis l'assemblée du trente et un janvier de l'année derniere,

les Boulengers continüeront a faire le pain ainsy qu'il fut reiglé le quatriesme febvrier en suivant

Et que led. [le dit] Lieutenant General y tiendra la main, Et fera a cet effet de fréquentes visites chez lesd. [les dits] Boulengers. " (2)

 

 

 

 

 

 

M.L. 

 1 :            Site web des Archives nationales du Québec :  http://www.anq.gouv.qc.ca

 2 :                Règlement sur le prix du pain, 27 janvier 1687, Extrait des Registres du Conseil Souverain. Fonds Bailliage de Montréal. TL2 (06-M)           

 

 

Règlement sur le prix du pain

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ESCLAVAGE EN NOUVELLE-FRANCE

Publié le par Michel Ladouceur


ESCLAVAGE EN NOUVELLE-FRANCE


Pendant près de deux siècles, soit de 1632 à 1820, il y eut au Québec des esclaves. Certes l’esclavage ne fut pas présent ici sur une grande échelle, comparativement aux colonies anglaises où il constituait un facteur important du développement de ces colonies.

« Dans les colonies à sucre ou à tabac, l’esclavage a été un impératif de l’économie, mais au Canada français on ne trouve aucun secteur de la vie économique qui rende nécessaire la présence d’une main d’œuvre esclave… » (1)

On recense 4185 esclaves, en majorité des amérindiens, répartis sur deux siècles.

 

 2683   amérindiens     64,1 % 
 1443   noirs    34,5 %
     59  amérindiens ou noirs    01,4 % 
 4185     100,0 %

 


L’esclavage existait chez les nations amérindiennes avant l’arrivée des européens, au point que dans de nombreuses langues un seul mot était employé pour désigner le prisonnier et l’esclave. Ils étaient surtout originaires de peuples vivants sur les rives du Missouri et de la rivière Kansas. Et un de ces peuples, les Panis, fut très exploité. On croit que les deux tiers des esclaves amérindiens étaient des Panis, ce qui fit que le nom lui-même devint synonyme d’esclave.

Il n’y eu pas au Québec d’arrivées massives de noirs africains et il n’y eu pas de bateaux ‘’ négriers ‘’ dédiés au transport transatlantique des noirs comme dans les colonies anglaises. Les noirs constituaient plutôt un butin de guerre ou étaient des fugitifs. Leur nombre augmenta sous le régime anglais après la conquête et avec l’immigration des loyalistes.

L’esclave amérindien fut rapidement présenté comme un cadeau de bienvenue aux diverses autorités françaises : découvreurs, explorateurs, gouverneurs, commandants militaires, etc. Louis XIV autorisa en 1689 les français de la colonie et les canadiens à posséder des esclaves noirs mais les guerres empêchèrent la mise sur pied d’une organisation d’importation. En 1709, l’intendant Raudot déclarait que les Noirs et les Panis appartenaient à titre d’esclaves à ceux qui les avaient achetés ou qui les achèteraient. Dès lors, l’institution de l’esclavage est reconnue, elle est légale.

Mais l’esclave était un bien de luxe. N’étant pas nécessaire à la vie économique du pays, il fut surtout utilisé à des taches domestiques auprès de l’élite administrative, militaire et religieuse. Des commerçants et des communautés religieuses l’employaient comme aide à tout faire. Il était considéré comme un bien meuble enregistré de la même façon que les animaux. Il était acquis sous forme de cadeau, ou en héritage ou encore par achat. Il y eut un marché public à Montréal et il y eut des ventes à l’enchère. De 1767 à 1798, on peut compter 137 annonces dans diverses gazettes du pays.



Marcel Trudel dans son Dictionnaire des esclaves et de leurs propriétaires (2) a compté 1574 différents propriétaires. Des 1535 dûment identifiés, 85,5 % étaient des francophones et 14,5 % étaient des anglophones. La très grande majorité des esclaves appartenaient donc aux francophones. On ne retrouve aucun grand propriétaire, en comparaison avec les colonies anglaises. Mais quand même quelques gouverneurs, quelques commerçants et quelques officiers, au nombre de 30 seulement, ont eu entre 10 et 27 esclaves. Les deux propriétaires qui en possèdaient plus sont les Jésuites, soit 46, et le Séminaire de Québec, soit 31.

.Durant les deux siècles d’esclavage, les esclaves se retrouvaient surtout en ville, soit 60,6 % des 4185 esclaves recensés.

 

 Villes  Amérindiens  Noirs  Total
 Trois-Rivières

     35

    07

    42

 Québec

   400 

  570 

  970 

 Montréal

 1007

  518 

1525 

 Total

 1442 

1095 

2537 

 



Il est intéressant de noter que la région où on constate un grand nombre d’esclaves en dehors de ces trois villes est la région à l’ouest des rapides de Lachine. On peut penser que les esclaves étaient utilisés par de nombreux marchands et ‘’ voyageurs ‘’ (3) mais peut-être aussi par des ‘’ cajeux ‘’(4).

 

 

 Localités   Amérindiens  Noirs  Total

Lachine

 90

31 

121 

Pointe-Claire

 18

02 

20 

Sainte-Anne-du-Bout-de-l’île

 18

 03

21 

Île Perrot

 02

 

 02

 Vaudreuil

 05

07 

12 

 Rigaud

 

08 

 08

 Les Cèdres

 17

04 

21 

 Total

 150

 55

 205

 



Il n’est donc pas étonnant que Jean-Baptiste Magdeleine de Lachine, l’un des fils de Vivien Lamagdeleine dit Ladouceur, fut propriétaire d’une « négresse » et de son enfant à la fin du XVIIIème siècle.

Michel Ladouceur
Laval, Québec
17 sept. 2005



NOTE :Toute l’information présentée ici est issue des deux outils de référence incontournables de Marcel Trudel.


1 : Trudel, Marcel : Deux siècles d’esclavage au Québec, Éditions Hurtubise HMH ltée, Montréal, 2004

2 : Trudel, Marcel : Dictionnaire des esclaves et de leurs propriétaires, CDROM, Éditions Hurtubise HMH ltée, Montréal, 2004

3 : voyageur = entrepreneur contractant avec des marchands pour la traite des fourrures

4 : cajeux = convoyeur de troncs d'arbres flottant sur les rivières pour les conduire aux scieries ( les cages étant les radeaux formés par les troncs d'arbres ).

 

 

 

Affiche du film " Les mains noires " relatant l'incendie de Montréal en 1734.
Affiche du film " Les mains noires " relatant l'incendie de Montréal en 1734.

Affiche du film " Les mains noires " relatant l'incendie de Montréal en 1734.

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Montréal à l’époque de Vivien ! (3)

Publié le par Michel Ladouceur

Montréal à l’époque de Vivien Lamagdeleine dit Ladouceur >>>  3è partie

Ville-Marie en 1685. Source : ADHÉMAR, Bases de données du Groupe de recherche sur Montréal, propriété, bâti et population à Montréal, 1642-1805, Centre canadien d’Architecture, Montréal, 1996-2000.
 
 
6          Propriétés et population au village de Ville-Marie au temps de Vivien
 
 
1665
1672
1679
1686
1693
1700
1704 +
 
Propriétaires *
 
50
 
68
 
102
 
140
 
251
 
266
 
281
 
Locataires
 
0
 
0
 
5
 
17
 
25
 
35
 
36
 
Autres **
 
5
 
6
 
2
 
4
 
22
 
29
 
28
Parcelles de terrain
 
61
 
92
 
148
 
177
 
303
 
320
 
314
Nb. maximal de maisons
 
39
 
49
 
77
 
111
 
206
 
249
 
261
Nb. minimal
de maisons
 
23
 
36
 
62
 
100
 
180
 
229
 
248
Estimé de la population ***
 
138
 
216
 
372
 
600
 
1080
 
1374
 
1488
* Plusieurs parcelles comptent plus d’un propriétaire, notamment les parcelles indivises.    Chaque individu et chaque institution civile ou  religieuse n’ont été compté  qu’une seul fois. ** Autres comprend les usufruitiers et autres occupants à divers titres.
*** Nombre de maisons multiplié par six.
+  Dernière année pour laquelle les données sont actuellement disponibles chez Adhémar.
Source : ADHÉMAR, Bases de données du Groupe de recherche sur Montréal, propriété, bâti et population à Montréal, 1642-1805, Centre canadien d’Architecture, Montréal, 1996-2000.
 
Les données présentées ici concerne le village au XVIIe siècle, un espace qui correspond de nos jours au Vieux-Montréal.  Donc, en 1665, cet espace était subdivisé en 61 parcelles de terrain sur lesquelles étaient établis divers bâtiments dont au moins 23 maisons qui abritaient environ 138 personnes. De sept ans en sept ans, il y a une constante et forte augmentation des parcelles, des maisons et des propriétaires. La période 1686-1693 est une période très prospère : le nombre de parcelles augmente de 71 % tandis que le nombre de propriétaires  et celui des maisons augmente de 80 %. Puis le début du nouveau siècle révèle une période d’immobilité ou presque comparativement au boum antérieur. 
Michel Ladouceur
Laval, Québec
Avril 2005
 

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Montréal à l’époque de Vivien ! (2)

Publié le par Michel Ladouceur

Montréal à l’époque de Vivien Lamagdeleine dit Ladouceur

  2è partie

 

Krieghoff, Cornélius, 1852 : « Habitants »

4          Population de l’Ile de Montréal en 1681 selon le mode d’immigration.
 
IMMIGRANTS
 
IMMIGRANTES
 
Ecclésiastiques
10
Religieuses
17
Volontaires venus avec leur famille
16
Femmes, filles, venues mari, parents
26
Volontaires venus seuls
07
Femmes et filles venues seules
114
Officiers, gentilshommes volontaires
12
 
 
Soldats réformés dans la colonie
59
 
 
Marchands
15
 
 
Anciens engagés établis
150
 
 
Engagés encore en service
71
Servantes
04
Sous-total
340
 
161
Personnes nées dans la colonie
887
Total de la population recensée
1,388
Source : Dechêne, Louise : Habitants et marchands de Montréal au XVIIème siècle,  Les Éditions du Boréal, Montréal, 1988.
 
En 1681, on compte alors 64 % de la population né au pays. Les enfants de Vivien tous nés sur l’île, participent à l’avènement d’un nouveau peuple qui se distinguera peu à peu des immigrants français.  Ceux-ci sont en très grand nombre des soldats réformés du Régiment de Carignan-Salières, des Filles du Roi et des engagés qui choisissent une  vie  de pionnier avec des possibilités de liberté d’action dans un milieu plus égalitaire qu’en France où  leur avenir y serait probablement plus incertain étant donné les écarts prononcés entre les classes sociales.
 
 5          Composition des ménages dans l’Ile de Montréal en 1681
 
CATÉGORIES
NOMBRE DE MÉNAGES
%
Ménages simples
28 couples mariés sans enfant
164 couples  avec enfants
7 veufs avec enfants
9 veuves avec enfants
76 %
Familles élargies
2 avec 1membre ascendant
1 avec 1 membre descendant
2 avec 1 membre collatéral
2 %
Ménages multiples
3 avec un couple descendant
1 %
 
Ménage non familial
1 de 2 hommes non parents
 
 
Individus supposés solitaires
 
2 veuves
57 célibataires masculins
21 %
TOTAL
276 ménages
100 %
Note : La taille moyenne des ménages est de 4,6 et la moyenne d’enfants par famille est de 3,4.
Source : Dechêne, Louise : Habitants et marchands de Montréal au XVIIème siècle,  Les Éditions du Boréal, Montréal, 1988.
 
La taille moyenne des ménages est de 4,6 personnes et la moyenne d’enfants par famille ( 79 % des ménages ) est de 3,4.
Michel Ladouceur
 

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Montréal à l’époque de Vivien ! (1)

Publié le par Michel Ladouceur

Montréal à l’époque de Vivien Lamagdeleine dit Ladouceur 

  1ère partie

 1          Population au pays au temps de Vivien
 
 
Année
Nouvelle-France
Ile de Montréal
Ville-Marie *
 
1666 
 
 
3,246
403 hommes
256 femmes
659
 
 
156
 
1681
 
 
9,742
  779 hommes
  609 femmes
1388
 
 
450
 
1688
 
 
10,038
  779 hommes
  634 femmes
1,413
 
 
630
 
1695
 
 
12,786
1,114 hommes
1,047 femmes
2,161
 
 
1,152
 
1707
 
 
17,615
1,907 hommes
1,719 femmes
3,626
 
* : estimations
Source : Dechêne, Louise : Habitants et marchands de Montréal au XVIIème siècle,  Les Éditions du Boréal, Montréal, 1988.
Source : ADHÉMAR, Bases de données du Groupe de recherche sur Montréal, propriété, bâti et population à Montréal, 1642-1805, Centre canadien d’Architecture, Montréal, 1996-2000.
 
 
La population de la Nouvelle-France est modeste et progresse lentement comparée à celle de la Nouvelle-Angleterre. Cependant, sur une période de quinze ans, de 1666 à 1681, la population de la Nouvelle-France triple et celle de l’île de Montréal double.
 
 
 
 
 
2          Population de l’Ile de Montréal selon l’état civil, par tranches d’âge en 1666.
 
Tranches d’âge
HOMMES
FEMMES
TOTAL
 
Célibataires
Mariés
Sous-total
Célibataires
Mariées
Sous-total
 
0-19 ans
166
0
166
133
7
140
306
20-39 ans
117
65
182
11
82
93
275
40-59 ans
17
34
51
6
14
20
71
60-79 ans
0
4
4
2
1
3
7
80-99 ans
 
 
 
 
 
 
 
TOTAL
300
103
403
152
104
256
659
Source : Dechêne, Louise : Habitants et marchands de Montréal au XVIIème siècle,  Les Éditions du Boréal, Montréal, 1988.
 
 
 
 
À l’arrivée de Vivien au pays, Montréal était un petit village. Le recensement de 1666 dénombre 659 habitants pour l’ensemble de l’Île de Montréal. La population est très jeune : 88 % des habitants ont moins de 39 ans et 46 % moins de 19 ans. Les hommes sont majoritaires, ils comptent pour 61 % de la communauté. Dans une proportion de 56 %, les hommes de plus de 19 ans  sont célibataires tandis que 84 % des femmes sont mariées.
 
 
 
3          Population de l’Ile de Montréal selon l’état civil, par tranches d’âge en 1681.
 
Tranches d’âge
HOMMES
FEMMES
TOTAL
 
Célibataires
Mariés
Sous-total
Célibataires
Mariées
Sous-total
 
0-19 ans
381
1
382
362
22
384
766
20-39 ans
126
96
222
27
116
143
365
40-59 ans
62
91
153
12
59
71
224
60-79 ans
7
15
22
6
2
8
30
80-99 ans
 
 
 
2
1
3
3
TOTAL
576
203
779
409
200
609
1,388
Source : Dechêne, Louise : Habitants et marchands de Montréal au XVIIème siècle,  Les Éditions du Boréal, Montréal, 1988.
 
 
Quinze ans plus tard, la population a doublé. La population est encore très jeune :
81 % des habitants ont moins de 39 ans. Les enfants de moins de 19 ans forment le groupe le plus important, représentant maintenant 55 % de la population totale.
Les hommes sont encore majoritaires mais seulement à 56 % de l’ensemble de la population. Les hommes de plus de 19 ans sont mariés dans une plus grande proportion qu’en 1666 :  51 % plutôt que 44 %. Et 80 % des femmes ont un conjoint.
Michel Ladouceur 
 

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Traversée de l'océan

Publié le par Michel Ladouceur

 
 
TRANSPORT DU REGIMENT DE CARIGNAN-SALIÈRES en 1665 
 
Six navires furent utilisés en 1665 pour transporter les troupes du Régiment de Carignan-Salières. Un septième, le « Jardin de Hollande » , navire de 300 tonnes de la Marine Royale, transportait du matériel pour le régiment.
 
Le « Joyeux Siméon », navire de 200 tonnes, appartenait à un marchand de La Rochelle, monsieur Le Gaigneur. Parti de la Rochelle le 19 avril 1665, le navire atteignit Québec le 19 juin. La traversée de l’océan des compagnies de La Tour, de Chambly et de Froment se fit donc en 61 jours.
 
Le « Brézé » était un gros navire de guerre de la  Marine Royale, un navire de 800 tonnes avec une soixantaine de canons. Il transportait les compagnies de La Brisardière, de La Durantaye, de Berthier et de Monteil. En provenance des Antilles, le « Brézé » arriva à Percé, en Gaspésie, où il transféra les troupes sur deux petits navires plus aptes à approcher de Québec. L’arrivée eu lieu  le 30 juin 1665.
 
L’ « Aigle d’Or », vieux navire de la Marine Royale de 300 tonnes, parti le 15 mai de La Rochelle pour arriver à Québec le 19 août 1665. À son bord se trouvait le Marquis de Salières, colonel du Régiment  ainsi que les compagnies de La Fredière, de Grandfontaine et de Lamotte. Il semblerait qu’il eut des difficultés en route puisqu’il prit 111 jours pour effectuer la traversée.
 
Le « Paix » accompagnait l’ « Aigle d’Or ». Le Capitaine Jean Guillon commandait ce navire de 300 tonnes où on retrouvait les compagnies de Contrecoeur, de Maximy et de La Colonelle. Vivien Lamagdeleine dit Ladouceur de la compagnie de Contrecoeur était donc  à son bord. Les capitaines  Contrecoeur, Maximy et le Lieutenant De Mignard of the Colonelle signèrent un document afin de d’attester que leurs compagnies respectives avaient bien été transportées par le « Paix » et débarquées à Québec.
 
Le « Saint-Sébastien », bateau de 350 tonnes de la flotte royale, parti de La Rochelle le 24 mai 1665 avec les compagnies de  arriva à Québec après 110 jours de voyage, le 12 septembre 1665.
Il transportait le nouvel intendant et le nouveau gouverneur, Jean Talon et Daniel de Rémy de Courcelle.  
 
Le « Justice », navire de 300 tonnes de la Marine Royale, accompagnait le « Saint-Sébastien ».  
 
      
NAUFRAGE DE « LE PAIX »
le 26 septembre 1665 à Matane, en Nouvelle-France
 
Le « Paix » accompagné de l’ « Aigle d’Or » entreprit son voyage de retour le 19 septembre 1665. Il parcourut environ 200 miles et, en face de Matane, il affronta une  tempête soudaine de pluie et de neige.
 
This forced them to change course at which time the great sail of the PAIX was ripped off. The mizen sail was immediately deployed but was destroyed. A new great sails was hastily installed but a wild wind gust destroyed it. The ship was getting close to shore, two anchors were put out but the storm broke the cables. The ship hit the shore and was broken up from keel to board.. Élie Bordes, a sailor, jumped overboard and tried to swim to shore but drowned. This prevented the others from doing the same. Eventually the wind died down and the crew was able to make it to shore including the ten or so who had been hurt in the incident.(1)
 
L’« Aigle d’Or » était déjà hors de vue et, ayant lui-même de sérieux problèmes, continua sa route pour sortir de la région dangereuse. Un officier du bateau en détresse partit immédiatement vers Québec. Sept marins formaient l’équipage de sa chaloupe. Averti, le gouverneur Tracy ordonna alors aux capitaines des navires « Jardin de Hollande », « Saint-Sébastien » et « Justice » d’arrêter à Matane pour prendre en charge les naufragés. Seul le « Saint-Sébastien »,  commandé par le capitaine Padejeu, pris en charge l’équipage du « Paix », le 21 octobre 1665. Les survivants avaient laissé tous leurs effets personnels dans l’épave et, dans l’attente d’être secourus, ils avaient mangés des mollusques trouvés sur la plage. Ils s’étaient construits deux abris de fortune, et ils travaillaient à se fabriquer un petit bateau dans le dessein de se rendre à Québec. Enfin, ils arrivèrent à la Rochelle le 23 novembre 1665, après une rapide traversée de 33 jours à bord du « Saint-Sébastien ».
 
Un compte-rendu des événements fut rédigé, signé par le capitaine Guillon sieur de Leaubertière, deux matelots et deux passagers. Le document   fut remis aux autorités de la Marine Royale  à La Rochelle et, par la suite,  déposé aux archives.                      
 
 
   
·  Aujourd'hui vingt Troisiesme Jo' de Novemb' mil six cent soixante Cinq par dt. nous Jean demirande eser Sr des Fraignees Sr ea en presance du procureur du Roy On comparu en leurs personnes Jean guillon Sr. de lembertiere Capne Entretenu po' le service du Roy en la marine cy devant commandant le vaisseau du Roy apellé la Paix du port de trois cent Thonneaux ou environ, Jean Houtin mre dud vaisseau Jean Masson Maistre Vallet René Lidal Louis Ouriau mariniers de lesquipage dicelluy jean Guygnan marchant de Cette ville & arnault poré aussi marchant passagers dans Ledt navire. Lesquels après serment par eux faict de dire Vérité Nous ont dit tr. rapporté Q'ilz seraient partis de la Rade de chef de baye dans led. vaisseau chargé de gens de guerre de diverses sortes de munition de guerre et de bouche pour porter a quebec Le quinziesme de May der' En Compagnie du vaisseau nomé Laigle d or comandé par le sieur de Villepart aussy Capitaine entretenu po' le service du Roy et seraient arrives aud' lieu de quebecq Le dix neuf daoust der' ou ils auroient mis a terre Les gens de guerre quy estoient aud' vaisseau suivant le certifficat qui nous a esté représanté du Sr. Tallon Intandant aud.' lieu de quebecq po.' le service du Roy En datte du dix huictiesme septemb' mil six Cent soixante cinq Et un autre Certifficat des Capnes & autres officiers quy comandoient Lesd'. troupes quil nous a aussy représanté en datte du Vingt neufie' dud' mois d aoust des' signé Contrecoeur De mignard & Maximy Lesquels dits sertifficats ont esté aussytot restitué après que Lecture En a esté faitte Et auroient demeures Lesd' quy raportes aud' lieu de quebecq depuis le dix neuf daoust Jusque au dix Neufie' Septemb' der' tant po' y descharger lesd' troupes & marchandises que pour y lester les navires Et enfin auroient mis a la voille Les Jo' dix neuf dud' mois apres avoir ouy Le Coupt de Canon de partance Tiré du bord dud' Vaisseau Laigle d or po' retourner En ses Costes. faisant laquelle route Estant a quelque quatre vingt lieue dud' quebecq le Travers du Capt de matane un grand vant de Nord Nordaix se seroit levé quy les auroient obligé de tourner de bande Et estant augmenté acompagné de grele & de Neige Leur grande voile auroit esté desfonsée au default de laquelle Ils auroient mis le' artimon po' Caper a la mer laquelle aussy auroit esté desfonsée par ung Grand Tourbillon de vant pour aquoy supler ils auroient heu recours a une grande Voille de rechange qlz auroient Enverguée quy ausssytost aussy auroit esté desfonsée de manière qlz ce seroient trouves sans voille aucunes & led' vant ce fortifiant de plus en plus Les auroient jetté malgré tout le devoir quils firent pour se conserver a la coste dud' lieu de mateime.  La tempeste ayant rompu deux Cables de deux ancres quils avoient mouillé po' tascher de ce sauver 
 Et estant led' vaisseau a la Coste rompu depuis Les En pature jusque a la quille ung de leur mariniers nomé helye Bordes du lieu dit chapau pres maraine En xaintonge aprehandant que led' navire se brizast ce seroit jetté a la mer a la nage po' tascher de gagner la terre & ce seroit noyé
 Ce quy auroit arresté dautres Compagnon du bort quy avoient aussy mesme dessaing de se jetter a leau & dix autres hommes dud bort seroient demenres Blesses et estropiés des maux quils avoient souffers pandant la tempeste & des Coups de mer Et finalement Le vant estant un peu calmé Ils auroient tous mis pied a terre non Neantm- sans peril, duquel malheur le noffrage cy dessus ayant donné avis a quebecq a monsieur de Tarsy Lieuten' General po' le service du Roy En tous les pais de lamerique par le Sr Ythier guillon Lieutn' aud' vaisseau avecq sept autres marinier ordre auroit esté donné au Sr de padejeu comandant un autre navire du Roy nomé le St Sebastien et au Sieur de bouge Capne du vaisseau nomé Le Jardin de hollande et au s' guillet comandant Le Vaisseau La Justice de passer aud' lieu de matenne ou Ils ont faict noffrage po' les prandre et recueillir dans le' vaisseaux ou de le' faire donner des vivres pour le' subsistances au cas quils ne peuvent les prandre dans leurs vaisseaux, lequel dit padejeu seul seroit venu aud' lieu de matenne Le vingt et uniesme dud' mois d octobre dans la chaluppe duquel eusernt' dans celle de le' vaisseau quils avoient conservé et Envoyé aud' lieu de quebecq Ils se seroient enbrques avecq les autres hommes de son esquipage & les passagers qz avoient ayant lessé tout ce quy estoit sauvé de leurdit navire sur la Coste dans deux cabannes qilz y ont faict desquelles choses ils ont faict un invantaire Et pour ce qu regardes leur vestement & hardes les auroient entierem' perdus et lesses dans les Coffres quy sont Ct auraient beaucoup soufferts en atendant des nouvelles de La' chaloupe, Nayant de pin ny de victuailles que Celles quils pouvoient tirer de le' vaisseaux mouillées et gastées & des coquillages de la coste dud' pays depuis le vingt sixie' septemb' jusque aud' jo' Vingt & uniesme octobr' que les dittes chaloupes arrivoient aud' lieu ou ilz estoient ayant pris resollution auparavant quelle fussent venue des des coperant de leur salut de ce mettre a chemin po' aller aud' lieu de quebecq moitie par eau & moitie par terre Et trouvé moyen de bastir un petit bateau du desbris de leur navire Et Estant a bord du vaisseau dud Sr de padejeu auroyent continué leurs routtes seroient arrives heureusem' En cette ville Vandredy der' quy est tout ce qlz ont dit duquel raport & desclaration cy dessus nous avons ausd' quy raportent Sceaux ce requérant donné acte pour leur valloir et servir ce que de raison. faict et donné par nous Led' de mirande Les jo' & en presance que dessus Et ont Lesd' guillon Boutin peré & Grignon Signes & et les autres declare ne savoir signer.
Guillon Leaubertiere
de mirande
Ornaud peres
Boutin
grosseau
Grignon
 
( 1 ) :     Robert, Michel : Genealogy for the Descendants of the French Colonists of North America, site web : www3.telus.net/michel_robert
 
Sources:                 Fonds des Archives départementales de la Charente-Maritime; La Rochelle [France] , Bibliothèque nationale. Département des manuscrits. Mélanges de Colbert , [rc16514, 121151-4, 121166, 121191,121539] et
Fonds des Archives départementales de la Charente-Maritime; La Rochelle [France], Série B, Cours et juridictions, 1663-1667 vols B5666 p. 2-5.
 
 
Michel Ladouceur
Laval, Québec
Juillet 2005

Publié dans HISTOIRES

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