Chronique de Vivien Lamagdeleine dit Ladouceur : 1698
En 1698, à 60 ans, Vivien achetait des Sulpiciens, au prix de 400 livres, une terre de soixante arpents en superficie à la côte Saint-Louis.
Et Vivien continue de participer à la vie communautaire. Ainsi, Vivien assista aussi au mariage d'une des filles de Catherine Godin, issue de son premier mariage avec Louis Fortin, Catherine Fortin. Catherine épousait à Lachine, le 28 juin 1700, Pierre Leduc, fils de Pierre Leduc, maître fourbisseur, et d'Anne Martin., tous deux de la paroisse St-Laurent de Rouen, en Normandie. Pierre était arrivé en Nouvelle-France le 6 juillet 1691à titre de soldat de de la compagnie de Lamothe, Il était maître chaudronnier. Vingt-trois personnes furent inscrites au registre paroissial pour ce mariage : les deux mariés; les parents de Pierre, Pierre Leduc et Anne Martin décédés; le père de Catherine, Louis Fortin, décédé; et Catherine Godin, mère de Catherine Fortin, présente. Plusieurs proches de la famille furent inscrits au registre comme présents à la cérémonie. Ce sont mesdames Marie Fortin, Marie Roy, Marie Lhomme, Catherine Césire et Marie Clémence Rapein. Les hommes présents étaient Jean Neveu, René Fortin, Jean Chotart, Jean-Baptiste Lesnart, Étienne Magdelenne Ladouceur, Jacques Biguot, Guillaume Rousser et un dénommé Pottier, soit le notaire Jean-Baptiste Pothier ou le jésuite Nicolas Pothier. Deux autres personnes sont inscrites au registre sans être notées comme présentes soit Decallière, " gouverneur général de la France septentrionale, chevalier, " et Delamotte.
Louis-Hector de Callière était depuis le 29 novembre 1698 gouverneur de la Nouvelle-France. Il fut fait chevalier de St-Louis le 1 février 1694. Né le 12 novembre 1648 à Torigni-sur-Vire à St-Lô, en Normandie, il était le fils du gouverneur de Cherbourg, Jacques de Callière et de Madeleine Potier de Courcy. Il avait été gouverneur de Montréal du 10 avril 1684 au 20 avril 1699. Il décéda à l'âge de 54 ans, le 26 juin 1703 à Québec où il fut inhumé le 28 du même mois.
Jean Chotart, marié à Marie-Madeleine Fortin depuis deux mois, était un soldat de la compagnie de Lorimier. Jean Chotart dit saintonge était originaire de Marennes dans la régon de Rochefort, évêché de Saintes, en Saintonge, Charente-Maritime. Il était le fils Jean chotart et marie Chaineau.
En 1700, la population de l’île de Montréal est estimée à 2,969 habitants, dont environ 2,100 personnes habitaient dans la ville ou sur le territoire environnant de la paroisse de Notre-Dame-de-Montréal. Le reste de la population est dispersée de la Pointe-aux-Trembles à Ste-Anne du Bout de l’île. Et, en 1703, une épidémie de variole tue plus de 250 personnes dans l’île.
En 1705, à l’âge de 67 ans, Vivien se départit d’une de ses terres. Il vendit la terre acquise en 1698 à François Le Gantier de Rané pour la somme de 830 livres. Il enregistra un contrat de vente chez le notaire A. Adhémar dit Saint-Martin le 2 mars 1705 :
" Vente d'une terre située au haut de l'île de Montréal, paroisse St Louis; par Vivien Magdeleyne dit Ladouceur, veuf de Marie Godin, de Lachine en l'île de Montréal, Joseph Magdeleynes, demeurant au haut de l'île de Montréal, Étienne Magdeleynes, demeurant au haut de l'île de Montréal, Léonard Magdeleynes, demeurant au haut de l'île de Montréal, Étienne Magdeleynes, et Jean Magdeleynes, demeurant au haut de l'île de Montréal, ses fils, faisant tant pour eux que pour Nicolas Magdeleyne (mineur), à François Legautier de Ranné, écuyer et lieutenant d'une compagnie des troupes du détachement de la Marine et Barbe Loisel, son épouse, de Lachine. "
Vivien décéda à Lachine le lundi 15 octobre 1708. Il était âgé de 70 ans. Il fut inhumé le lendemain en présence, entre autres, de ses fils Joseph et Étienne ainsi que du bedeau Jacques Trévoret qui agissait comme fossoyeur. Contemporain des fondateurs de Ville-Marie, il fut reconnu comme l’un des pionniers de Montréal.
Michel Ladouceur
Laval, Québec
Mars 2005
VIEUX-MONTRÉAL

L’histoire du VIEUX-MONTRÉAL à travers son patrimoine est un excellent livre pour découvrir ce petit bout de terre au bord du Saint-Laurent que fut Ville-Marie et maintenant le Vieux-Montréal.
Un livre très bien documenté, présenté en un langage simple. Les auteurs sont des spécialistes en histoire, en archéologie, en architecture, en urbanisme ou encore en histoire de l’art. Mais il ne s’agit pas ici d’un ouvrage spécialisé difficile d’accès. Bien au contraire, les auteurs ont su partager avec clarté et rigueur leurs connaissances. La lecture des différents chapitres est un plaisir. Les photographies en couleurs et très souvent inédites sont magnifiques. Les cartes à la fin de chaque chapitre sont très bien faites. Elles peuvent servir de guide pour une visite du Vieux-Montréal. Je le recommande à tous les amateurs d’histoire et de patrimoine.
Michel Ladouceur
Lauzon, Gilles et Forget, Madeleine (sous la direction de ) : L’histoire du VIEUX-MONTRÉAL à travers son patrimoine, Les Publications du Québec, Québec, 2004.
Vivien...1689
Chronique de Vivien Lamagdeleine dit Ladouceur : 1689
En 1689, à 51 ans, Vivien vécu d’assez près le massacre de Lachine où une bande d’iroquois s’attaqua à de nombreuses familles de la région. Dans la nuit du jeudi 4 au vendredi 5 août 1689, une attaque surprise fut menée contre les habitants de Lachine. Les iroquois firent « brûler toutes les granges et maisons qui étaient en plus de trois lieues de pays dans la [sic] canton qu’on appelle Lachine et enlev[é] plus de 200 personnes, tant hommes que femmes et enfants, après en avoir massacré plus de 200 dont ils avaient cassé la tête aux uns, brûlé, rôti et mangé les autres, ouvert le ventre des femmes grosses pour en arracher les enfants et fait des cruautés inouïes et sans exemple » [Eccles, W.J. cité in : Lacoursière, 1:1995, p. 175]. Le nombre exact des victimes varie selon différentes sources d'informations, mais il reste que l’événement fut marquant pour les habitants. Cinq ans plus tard, la découverte de plusieurs squelettes est consignée dans un document daté de 1694 et signé par Pierre Rémy, curé de Lachine.
Vivien n’était plus soldat depuis longtemps mais il continuait à vivre dans un contexte de guerre. En 1690, les Anglais étaient aux portes de Québec avec une flotte d’une trentaine de navires arrivés de la Nouvelle-Angleterre sous les ordres de Sir William Phipps. À 6 h 00, le lundi 16 octobre 1690 du matin, un émissaire venait sommer le gouverneur Frontenac de se rendre d’ici une heure. Frontenac lui donnait alors cette célèbre réponse : “ Je n’ai point de réponse à faire à votre général que par la bouche de mes canons et à coups de fusils ; qu’il apprenne que ce n’est pas de la sorte qu’on envoie sommer un homme comme moi ; qu’il fasse du mieux qu’il pourra de son côté, comme je ferai du mien ” [Brown, Craig. p. 169 / Lacoursière, 1:1995, p. 179]. Pendant deux jours, les Anglais bombardèrent Québec, mais sans grand succès, et le 24 octobre 1690, les Anglais levèrent l’ancre.
en prison !
Découvertes à faire au sein de l'ascendance de Paul Ladouceur et de Gabrielle Brochu :
- qui fit de la prison ?
Un dénommé Louis Lamagdeleine aurait été emprisonné dans la prison du District de Montréal du 8 mai 1800 au 4 juin 1800, soit environ un mois, pour une dette
de 11 livres, 2 soldes et 6 deniers.
Qui était-il ? pourquoi une dette ? envers qui ?
Source : Journaux du gouvernement colonial : Appendice du XXXVIIIe volume des Journaux de la Chambre d'assemblée de la province du Bas-Canada, deuxième session du
treizième Parlement provincial, sess. 1828-29, Quebec Printed by John Neilson, 1829
Vivien...1681
Chronique de Vivien Lamagdeleine dit Ladouceur : 1681
En 1681, Vivien, âgé de 43 ans, ainsi que son épouse et trois de ses enfants, Joseph, Étienne et Léonard, furent dénombrés dans un recensement effectué à Montréal. Il y était indiqué que Vivien était établi sur sa terre de deux arpents sur vingt et qu’il possédait « un fusil, deux bêtes à cornes et six arpents de terre en valeur ». Vivien occupe le lot 510 entre le lot 511 d’Antoine Gros dit Laviolette et celui de Mathurin Thibodeau. Selon ce recensement, la population de l'île de Montréal était de 1,389 habitants.
Les attaques des Iroquois recommencèrent. En fait, elles continuèrent jusqu’à la signature du traité de 1701. Louis-Hector de Callière, gouverneur de l’ile, pris des mesures de sécurité. La construction d’une palissade de bois fut entreprise en 1685 afin de protéger les habitants de Ville-Marie ainsi que ceux des environs. L’ile de Montréal, comprenant la petite agglomération de Ville-Marie, est alors occupé par 1389 habitants.
Marie décédait le dimanche, 26 octobre 1687, à l’âge de 30 ans. Elle fut enterrée le lendemain, le 27 octobre 1687, à Lachine. Le curé Pierre Rémy officiait lors de l'enterrement de Marie Godin. Il inscrit au registre les noms de René Cuillierier et Claude Cécyre comme présents.
René Cuillierier est probablement ici le fils aîné de René Cuillierier dit Léveillé, marchand de Montréal , et de Marie Lucos, qui eurent 16 enfants. Il était né à Montréal le ou vers le 16 janvier 1668 et fut enterré à Lachine le 2 décembre 1689 suite à un accident arrivé à la mi-octobre : il serait " mort noyé en tournant en canot en venant de France vers les côtes de Québec ".
Claude Césyre ( Césire ) était le fils du laboureur Élie Césire et de Roberte Lallement (ou Peinuet) de St-Gatien-des-Bois de Pont-L'Évêque, à Lisieux en Normandie. Il épousait Marie Léger le 19 août 1675 à Montréal.
Au décès de Marie, la famille comptait huit enfants dont le plus vieux avait quatorze ans et la plus jeune avait à peine six mois. Vivien engagea un de ses fils, probablement Jean-Baptiste âgé de sept ans, pour neuf ans à la Congrégation de Notre-Dame, le 26 septembre 1688. Il fit de même avec Nicolas, âgé de quatre ans, pour douze années auprès des sœurs de la Congrégation de Notre-Dame, le 16 mai 1690. Les enfants furent logés, nourris et éduqués « dans la foi » en compensation de leurs services.
À SUIVRE
Vivien...1672
Chronique de Vivien Lamagdeleine dit Ladouceur : 1672
Samedi, le 20 février 1672, à 33 ans, Vivien prenait donc possession d’une terre de quarante arpents en superficie au Sault
Saint-Louis, concédée par les Seigneurs de l’Ile, les Sulpiciens. Il s’agissait d’une censive étroite mais très profonde, débutant sur la rive du fleuve St-Laurent en face des rapides dit du
Sault St-Louis, ainsi nommée par Champlain parce qu’un de ses compagnons y périt noyé. Ce territoire connut au fil du temps plusieurs appellations : Côte-des-Argoulets,
Côte-du-Sault-Saint-Louis, Pointe-Saint-Louis, Fief ou Côte-de-Verdun et Côte-de-la-Rivière-Saint-Pierre.
Selon le greffe du notaire Antoine Adhémar, Vivien eu au cours des années comme voisin entre autres les dénommés Louis D’Ailleboust , Nicolas Dupuis Montarvan, puis
en 1689 Vincent Jean. Est-ce que Vivien s’établit immédiatement sur sa terre ? On ne sait. Il a peut-être continué à vivre à Ville-Marie pour quelques temps, y exerçant son métier de
cordonnier ou encore y faisant la traite des fourrures, florissante à l’époque. Vu sa carrière de militaire, il est probable qu’il se plaisait plus en société qu’en exil sur une terre. Et
que des activités de construction de défense de Ville-Marie étaient plus dans ses cordes.
Ce n’est que l’année suivante, en 1673, qu’un chemin menant de la ville vers la paroisse de Lachine, située en amont des rapides du même nom, fut construit sous
l’ordonnance de Louis de Buade de Frontenac, gouverneur de la Nouvelle- France.
Ville-Marie comptait peu d’habitants à cette époque. On peut parler d’un village d’environ 600 habitants, qui vivaient dans de modestes maisons de bois,
chassaient, pêchaient et marchandaient avec les amérindiens. Le commerce des fourrures était alors plus florissant que le labour de la terre. À cette époque ,Vivien était le concitoyen entre
autres de Marguerite Bourgeois et de Jeanne Mance.
Ville-Marie était sous la gouverne de François-Marie Perrot (1644-1691), neveu de Jean Talon. Il remplaçait Paul Chomedey de Maisonneuve qui était
retourné en France. Arrivé à Montréal en 1670, Perrot conserva son poste jusqu'en 1683 mais sa participation à la traite des fourrures et son application arbitraire des règlements
suscitèrent de nombreuses controverses.
L’île de Montréal était la propriété des Messieurs de St-Sulpice depuis le 9 mars 1663. En 1672, François Dollier de Casson occupait le poste de
supérieur du séminaire et, par conséquent il gérait la seigneurie des Messieurs de St-Sulpice. À ce titre, il contrôlait maints aspects de la vie des citoyens de Ville-Marie et des
habitants établis sur leurs concessions. Il organisa en 1672 la construction de l’église Notre-Dame. Et, assisté de Bénigne Basset, notaire, greffier et arpenteur, il entreprit le tracé des
premières rues de Montréal.
Puis, le dimanche 20 novembre 1672, Vivien âgé de 34 ans contractait mariage devant le notaire B. Basset dit Deslauriers à Montréal le 20 novembre 1672
:
" Contrat de mariage entre Vivien Magdelaine dit Ladouceur, habitant, de l'île de Montréal, fils de Jean Magdelaine, laboureur et de Élisabeth Parise, de la
paroisse St-Hilaire, diocèse de Xaintes; et Marie Godin, fille de Pierre Gaudin, charpentier et de Jeanne Rousselière, de l'île de Montréal. "
Il épousait le lendemain, lundi le 21 novembre 1672, à l’église Notre-Dame Marie Jeanne Godin, dit Châtillon, née à Montréal le jeudi 19 avril 1657,
fille de Pierre Godin (1630 -1685) et de Jeanne Rousselière. Jean Martinet, maître chirurgien, Guillaume Bouchard et Jean Chevalier, habitants étaient présents au mariage et l’abbé Gilles
Perot officiait selon le registre paroissial où étaient aussi inscrits les noms des parents des nouveaux époux : Jean Lamagdeleine, Élisabeth Parrisise, Pierre Gaudin Châtillon, charpentier,
et Jeanne Rousselière. Marie Godin était âgée de 15 ans. De leur union naissaient de 1673 à 1687 huit enfants Lamagdeleine dit Ladouceur : Joseph, Mathurin, Étienne, Léonard,
Jean-Baptiste, Marie, Nicolas et Barbe.
Les grands parents maternels de Marie Godin dit Châtillon étaient Louis Rousselière et Isabelle Pariset. Du côté paternel, l’ascendance connue est de plusieurs
générations. Le père, Pierre Godin dit Châtillon, né le 17 mai 1630 à St-Vorles, évêché de Langres en Haute-Marne, avait pour père Claude Godin, né vers 1600 à Châtillon sur Seine dans la même
région, et pour mère Marie Bardin, mariés, semble-t-il, en 1620. Les parents de Claude Godin étaient Vorle Godin et Brigitte Gouzier, tous deux nés vers 1570 et originaires de Châtillon sur
Seine. Vorle était le fils de Maurice Godin, né vers 1535 à Givet dans les Ardennes en Champagne, et de Huguette Pampelune, née vers 1540. Ils s’étaient mariés probablement en 1560.
Pierre Godin fit partie de « La grande recrue » organisée par Maisonneuve en 1653 pour peupler Ville-Marie. Il y épousa l’année suivante Jeanne
Rousselière native de Saintes en Saintonge, donc de la même région que Vivien. Il fut propriétaire, du 5 novembre 1655 au 2 février 1662, d’un terrain de 32,983 pieds carrés français situé sur le
côté nord de la rue St-Paul, entre la rue St-Vincent et la rue St-Charles. Une maison de 481 pieds carrés français était construite sur ce terrain depuis le 1 mai 1655. Pierre Godin et
Jeanne Rousselière ne restèrent à Lachine que le temps pour Godin de construire la chapelle des Saints-Anges, ouverte au culte en 1676 ; le temps aussi, pour leurs filles Marie et Catherine
d'épouser deux soldats de Carignan, Vivier Magdelaine dit Ladouceur et Louis Fortin. Il vécut à Ville-Marie une vingtaine d’années avant de se rendre, en 1675, à Port-Royal en Acadie où il mourut
en 1685.
|
Il semblerait que Marie était une adolescente assez espiègle pour ne pas dire autre chose. En effet, quelques mois avant son
mariage, soit le 22 août 1672, un dénommé Pierre Boutaux dit La Ramée déposait devant « Monsieur Le Baillif de l’Isle de Montréal en la nouvelle france » une plainte dont
voici un extrait :
« Pierre Gaudin dit Chatillon et Laurent Gaudin, son fils avec
chacun un baiston de bois Vert de la grosseur Dun manche de hache et apparament faits espres", seraient venus a lui alors qu'il était "dans son bled Dinde proche
Sa Cabane". Led Gaudin père Luy a dit, Vous donnaste hyer Un soufflet à ma fille et Vous dittes qu'elle vient prendre vre pain, cela n'est pas Vray et avait pris led
complaignant au Collet et du baston qu'il tenoit qui au même Instant fut secondé par Son dit fils, Lesquels tous deux ensemble L'ont sy fort maltraitté de Coups de Bastons et par trois
reprises Le conduisant Tousjours battant Jusqu'à Sa Cabane dans laquelle II se seroit enfermé pour Eviter leur furie, qu'il en est tout moulu des coups en plusieurs parties de Son corps
comme il se pourra mieux Voir par le rapport du chirurgien qui la Visité et pensé cy attaché et dans la suite Seroit Venue La femme Du dit Gaudin père avec Une espée amanchée Toute en
cholere Laquelle luy ayant esté osté par son fils Laurent, laquelle II passoit au travers des fentes et entredeux des pieux de Sa ditte Cabane, pour Tascher a en offenser led
Complaignant, disant Tuons ce Cocquin La mon père, et nous le Jetterons a la rivièree et sa mère entendant ces parolles, dit tue le ce coquin La ce qu'estant Un guet apend et assassin
prémédité." (etc..)
et la conclusion après divers interrogatoires et témoignages aurait été :
:
"fut communiqué au procureur fiscal et par ses Mains a pairre
Cinille pour y prendre telle Conclusion que Jay trouvé bon Estre faict les dit Jour et an que dessus...Il nappert aucune preuve Du Crime Imposé ausd acusez. C'e-t pourquoy, II semble
que Le Crime demeure Impuny, faute de preuve...C'est pourquoy Je Requiers que lesd quatre paysans, La grande, soient ouys par la bouche, Pour ensuite prendre Telle Conclusions que nous
Verrons bon estre.
Ce XXXe aoust gbic Soixante &
Douse
Basset
greffier po. labsence du
procureur fiscal
fut ledit Lagrandeur Assigné a Sertin Jour Competant Mandons & fait
ce 7bre 1672.
C. D'Ailleboust
Mais s’agit-il ici de Marie ou plutôt de Catherine, sa jeune sœur ? Par contre, dix ans plus tard, selon une autre source,
une autre plainte fut faite. Le 27 décembre 1682, Charles de Couagne portait plainte en justice contre Marie Godin. Il l’accusait de vol. Le 31 décembre suivant, Vivien fut
écroué avec son épouse à la prison de Montréal. Le 13 janvier 1683, il fait une déposition à ce sujet et une autre le 4 février suivant. Son épouse fut par la suite convaincue de vol et
condamnée.
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Michel Ladouceur, Laval, Québec, Mars 2005
OVNI !
Découvertes à faire au sein de l'ascendance de Paul Ladouceur
et de Gabrielle Brochu :
-
qui est né dans un village où fut aperçu quelques siècles plus tard un ovni ?
Jean Leclerc, l’ancêtre de Gabrielle Brochu du côté maternel, est né en 1659 à St-Nicolas de Redon, évêché de Nantes, dans la Loire-Atlantique, commune située à la frontière de la Bretagne et qui a porté le nom de Union-sur-Vilaine. Il était le fils de Jean Leclerc et de Perrine Merceron de St-Nicolas de Redon .
Le 28 Septembre 1954, à 23h10, à Saint-Nicolas-de-Redon, plus précisément « à la "Butte Rouge", deux employés de la S.N.C.F. Bernard et Portaux, qui ramenaient une locomotive de Nantes à Auray, virent un objet sombre décoller en produisant une lumière violette et les suivre pendant 15 secondes avant de s'éloigner brusquement en changeant de cap. M. Portaux dut voir un docteur. (Le Parisien, L'Aurore, Combat, 30 Septembre 1954) . » Source : http://ufologie.net/indexf.htm
Vivien...1665
Chronique de Vivien Lamagdeleine dit Ladouceur : 1665
Vivien participa à la gloire qui fut le lot du régiment de Carignan suite aux succès obtenus durant la guerre contre les Turcs. Succès qui amena Louis XIV à fusionner le Régiment de Carignan avec celui de Salières, en 1659, sous le commandement de Henri Chastelard de Salières. Puis en 1660, prenant conscience de l’importance des colonies pour assurer la présence de la France dans les conquêtes du Nouveau Monde, Louis XIV chargea son ministre Jean-Baptiste Colbert de prendre les mesures nécessaires pour faire de la Nouvelle-France une colonie prospère. Priorité fut alors donnée à la défense de la colonie et, à l’été de 1665, pour une première fois en Nouvelle France, arrivèrent 1300 soldats appartenant au Régiment de Carignan-Salières afin de combattre la nation iroquoise.

C’est ainsi, qu’à 26 ans, en pleine capacité physique et riche d’une expérience de vie à la dure, Vivien quittait le port de La Rochelle le 13 mai 1665 pour arriver à Québec le mercredi 19 août 1665, après 3 mois et 6 jours de navigation à bord du navire « La Paix », navire de 180 ou 300 tonneaux, sous la direction du capitaine Etienne Guillon Sieur de Laubertière. Les soldats des compagnies La Colonelle, Maximy, Sorel et Contrecœur dont faisait partie Vivien étaient sur ce bateau tandis que d’autres compagnies voyageaient sur « L’Aigle d’Or » de Brouage navire de 400 tonneaux et dont le capitaine était le Sieur de Villepars. À son voyage de retour pour la France, « La Paix » fit naufrage à la hauteur de Matane dans le fleuve St-Laurent et les passagers furent recueillis par le « Saint-Sébastien ».

Au dix-septième siècle, il fallait du courage pour traverser l’Atlantique. Les bateaux étaient petits. Les passagers étaient entassés les uns sur les autres. La maladie pouvait décimer un équipage. Les conditions de navigation faisaient en sorte que chaque fois la traversé était longue et incertaine.
L'arrivée de 1,200 soldats encadrés de nombreux officiers eu un impact considérable sur le développement de la colonie, qui comptait alors environ 3200 habitants. En 1663, la population de Ville-Marie était estimée à 596 personnes. Ces derniers furent mis à contribution pour assurer à cette armée le gîte et le couvert. Mais c’est avec enthousiasme que les soldats furent accueillis car leur arrivée signifiait un développement économique mais surtout une ère de sécurité après des années de misère : attaques continues des Iroquois, tuerie de Dollard des Ormeaux et de ses compagnons au Long-Sault près de Ville-Marie au mois de mai 1660, tremblement de terre à Québec en février 1663, etc. Ce fut une période faste pour les militaires, la plus grande part du budget allant alors à la défense de la colonie : investissements en matériel et soldes des soldats qui dès lors négocient avec l’habitant.
Le Régiment de Carignan-Salières entreprit, en premier lieu, la construction de diverses fortifications pour bloquer la voie d'invasion des Iroquois. C’est ainsi que Vivien partit peu après son arrivée à Québec pour la région de la rivière Richelieu où, avec sa compagnie Contrecœur, dirigée par le capitaine Antoine Pécaudy de Contrecœur, il aida à la construction du fort Sainte Thérèse. À la fin de l’automne, sa compagnie gagna le fort Saint-Louis, puis Ville-Marie, pour ses quartiers d’hiver.
L'Intendant Jean-Talon
Le Régiment de Carignan-Salières affronta successivement les Iroquois et les Hollandais de Schenectady, dans l'Etat de New York. En 1666, l'armée défaisait les Iroquois et la paix était rétablie pour les seize prochaines années. Les habitants de Ville-Marie purent enfin mener une vie un peu plus normale. On offrit alors On offre alors aux soldats de s'établir dans la colonie et pour ce faire on leur concéda des terres sur les berges du Saint-Laurent afin qu’ils défrichent et cultivent la terre. Une somme de 100 livres leur fut attribuée. Plus de 400 d'entre eux acceptèrent de rester et de participer au développement de la colonie en plein essor sous la gouverne de l’intendant Jean Talon.
Vivien décidait de demeurer au pays. Le régiment de Carignan-Salière ne fut totalement dissous qu’en 1671. Trois cents soldats assurèrent donc de 1668 à 1671 les garnisons de Québec, Trois-Rivières et Ville-Marie. On suppose que Vivien, âgé de 30 ans et soldat depuis plus de dix ans, était l’un d’entre eux car ce n’est qu’en 1672, année du départ de Jean Talon et de l’arrivée de Louis Buade de Frontenac, nouveau gouverneur général de la Nouvelle-France, que Vivien acceptait une terre et se mariait.
De 1663 à 1700, la colonie était en expansion. La population de la Nouvelle-France passa d’environ 3,000 habitants à près de 15,000, ce qui était malgré tout très peu par rapport aux colonies anglaises. Une nation canadienne se définissait. La proportion des natifs du pays dépassait de plus en plus celle des migrants de France. Mais au premier recensement nominatif de la colonie, effectué en 1666, la population de Ville-Marie était de seulement 624 habitants, mais Vivien n’y figurait pas. Il était donc encore membre du Régiment Carignan-Salières.
Vivien participait à la prospérité de Ville-Marie, d’abord comme soldat du régiment, et probablement comme constructeur de la défense de la ville. Il y a peut-être exercer son métier de cordonnier. Il est aussi très probable qu’il fut coureur des bois. Le commerce des fourrures connut une ère d’expansion de 1663 à 1690. L’agriculture n’était alors qu’une activité de subsistance. Il faudra attendre le XVIIIè siècle pour qu’elle se développe.
À SUIVRE
Vivien au fort Ste-Thérèse
Fort Sainte-Thérèse

En 1665, peu après son arrivée en Nouvelle-France, le Régiment de Carignan-Salières, est envoyé à la rivière des Iroquois, aujourd’hui rivière Richelieu, pour y construire trois forts. Le premier fut construit à l’embouchure de la rivière, le second aux pieds des rapides et le troisième à « trois lieues au sud ». Le fort Sainte-Thérèse, érigé entre le 2 et le 15 octobre 1665, sous la direction du colonel Henri de Chastelard de Salières, sur un terrain difficile d’accès, était fait d’une double palissade de cinq mètres de hauteur. Il servit comme poste de base pour le ravitaillement des troupes de Monsieur Daniel de Rémy de Courcelles (1626-1698), gouverneur de la Nouvelle-France (1665-1672), dans son expédition contre les Agniers, ainsi que celles de Tracy en 1666. Il est peu cité dans les documents officiels qui ont été préservés. En 1667, le lieutenant-général de la Nouvelle-France, Alexandre de Prouville de Tracy, conseille dans un mémoire sur la colonie de laisser 9 compagnies en Nouvelle-France dont 2 en Acadie (Pentagouet, Port-Royal). Il suggère de répartir les autres compagnies à Québec, Montréal, Trois-Rivières et aux forts Saint-Louis et Richelieu, et d’obliger les capitaines à accorder des congés aux soldats qui voudraient se faire habitants. Il conseille d'augmenter le fort Saint-Louis et de détruire les forts Sainte-Anne, Saint-Jean-Baptiste et Sainte-Thérèse; de laisser «Saurel» au fort Richelieu. (1) Le fort ne fut pas détruit à l’époque mais probablement abandonné ou du moins négligé. Cependant, quelques temps avant la Conquête,
« En 1752, l’ingénieur Franquet parle des bâtiments qui subsistent encore à Ste-Thérèse, les disant ‘ en assez bon état’. Le 15 juin 1760, Robert Rogers et ses soldats investissent par ruse le magasin fortifié de Ste-Thérèse ainsi qu’une quinzaine d’habitations aux alentours. Tout est incendié. par la suite, un second fort est érigé et sa durée est courte puisque, le 28 août de la même année, devant la victoire des troupes d’Haviland, les français y mettent le feu. C’est d’ailleurs autour des ruines de ce fort que les troupes d’Haviland s’installent temporairement et dressent d’importants retranchements. » (2)

1.
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CHAPITRE QUATRE
Des premiers forts construits sur la rivière des Iroquois En mesme temps que les Outaoüak s'embarquoient, pour remonter en leur païs, le vent s'étant rendu plus favorable, les soldats qui avoient esté obligez de s'arrester aux Trois-Rivieres, s'embarquerent aussi; et aprés avoir navigé sur le lac de Saint-Pierre, ils se rendirent à l'entrée de la rivière de Richelieu, qui conduit aux Iroquois d'Aniegué.
Le dessein que l'on avoit à cette premiere campagne, estoit de faire bastir sur le chemin, quelques forts, que l'on a jugez absolument necessaires, tant pour assurer le passage, et la liberté du commerce, que pour servir de magasins aux troupes, et de retraites aux soldats malades et aux blessez.
Pour cet effet on a choisi trois postes avantageux. Le premier à l'embouchure de la riviere des Iroquois. Le second, dix-sept lieues plus haut, au pied d'vn courant d'eau, que l'on appelle le Sault de Richelieu. Le troisième environ trois lieues plus haut que ce courant.
Le premier fort, nommé Richelieu, a esté fait par Monsieur de Chambly, qui commandoit cinq compagnies, que Monsieur de Tracy y avoit envoyées.
Le second fort nommé Saint-Louis, à cause qu'il fut commencé dans la semaine que l'on celebroit la feste de ce grand Saint, Protecteur de nos Rois et de la France, a esté fait par Monsieur Sorel, qui commandoit cinq autres Compagnies, du Régiment de Carignan-Salieres.
Monsieur de Salieres, Colonel du Regiment, a voulu prendre luy-mesme, le poste le plus avancé vers les ennemis. et le plus dangereux. A peine osoit-on esperer que cet ouvrage deust estre fait avant les neiges, n'ayant pu setre commencé que bien tard: mais le Chef, qui a blanchi sous les armes, et qui par le nombre des années, n'a rien perdu encore de sa vigueur, ni de son courage, ayant mis le premier la main à l'oeuvre, a si bien animé les soldats par son exemple, que le fort a esté heureusement achevé le mois d'Octobre, au jour de Sainte-Therese, d'où il a tiré son nom.
De ce troisiéme fort de Sainte Therese on peut aller commodément jusqu'au lac de Champlain, sans rencontrer aucuns rapides, qui puissent arrester les bateaux.
Ce lac, aprés soixante lieues de longueur, aboiutit enfin aux terres des Iroquois Annieronnons. C'est là que l'on a dessein de bastir encore dés le Printemps prochain , un quatriéme fort, qui dominera dans ces contrées, et d'où l'on pourra faire des sorties continuelles sur les ennemis, s'ils ne se rendent à la raison.
Nous donnerons à la fin du chapitre suivant, le Plan de ces trois forts, avec la Carte dun païs des Iroquois, que l'on n'a point encore veuë; aprés avoir remarqué quelques particularitez de ces Peuples, qui nous traversent depuis si long-temps, pour n'avoir esté bien attaquez. (3)
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(1) : De Tracy : Correspondance, Archives coloniales, Fonds des colonies, ArchiviaNet, Bibliothèque et Archives Canada, www.collectionscanada.ca
(2) : Bouchard, Francine; Desjardins, Pierre; Filion, Mario; Provost, Suzanne : La Vallée du Richelieu, introduction à l’histoire et au patrimoine, Ministère des Affaires culturelles, Québec, 1981.
(3) : Le Mercier, François (1604-1690 ) : Relation de ce qui s'est passé en la Nouvelle France, és années 1664 & 1665: envoyée au R. P. provincial de la province de France, Éd. Sébastien Cramoisy, et Sébast. Mabre-Cramoisy, Paris, 1666.
Michel Ladouceur,
Laval, Québec,
Juillet 2005. 4.
Traversée de l'océan
TRANSPORT DU REGIMENT DE CARIGNAN-SALIÈRES en 1665
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Six navires furent utilisés en 1665 pour transporter les troupes du Régiment de Carignan-Salières. Un septième, le « Jardin de Hollande » , navire de 300 tonnes
de la Marine Royale, transportait du matériel pour le régiment.
Le « Joyeux Siméon », navire de 200 tonnes, appartenait à un marchand de La Rochelle, monsieur Le Gaigneur. Parti de la Rochelle le 19 avril 1665, le navire
atteignit Québec le 19 juin. La traversée de l’océan des compagnies de La Tour, de Chambly et de Froment se fit donc en 61 jours.
Le « Brézé » était un gros navire de guerre de la Marine Royale, un navire de 800 tonnes avec une soixantaine de canons. Il transportait les compagnies de
La Brisardière, de La Durantaye, de Berthier et de Monteil. En provenance des Antilles, le « Brézé » arriva à Percé, en Gaspésie, où il transféra les troupes sur deux petits navires plus aptes
à approcher de Québec. L’arrivée eu lieu le 30 juin 1665.
L’ « Aigle d’Or », vieux navire de la Marine Royale de 300 tonnes, parti le 15 mai de La Rochelle pour arriver à Québec le 19 août 1665. À son bord se trouvait le
Marquis de Salières, colonel du Régiment ainsi que les compagnies de La Fredière, de Grandfontaine et de Lamotte. Il semblerait qu’il eut des difficultés en route puisqu’il prit 111 jours
pour effectuer la traversée.
Le « Paix » accompagnait l’ « Aigle d’Or ». Le Capitaine Jean Guillon commandait ce navire de 300 tonnes où on retrouvait les compagnies de Contrecoeur, de Maximy
et de La Colonelle. Vivien Lamagdeleine dit Ladouceur de la compagnie de Contrecoeur était donc à son bord. Les capitaines Contrecoeur, Maximy et le Lieutenant De Mignard of the
Colonelle signèrent un document afin de d’attester que leurs compagnies respectives avaient bien été transportées par le « Paix » et débarquées à Québec.
Le « Saint-Sébastien », bateau de 350 tonnes de la flotte royale, parti de La Rochelle le 24 mai 1665 avec les compagnies de arriva à Québec après 110 jours
de voyage, le 12 septembre 1665.
Il transportait le nouvel intendant et le nouveau gouverneur, Jean Talon et Daniel de Rémy de Courcelle.
Le « Justice », navire de 300 tonnes de la Marine Royale, accompagnait le « Saint-Sébastien ».
NAUFRAGE DE « LE PAIX »
le 26 septembre 1665 à Matane, en Nouvelle-France
Le « Paix » accompagné de l’ « Aigle d’Or » entreprit son voyage de retour le 19 septembre 1665. Il parcourut environ 200 miles et, en face de Matane, il affronta
une tempête soudaine de pluie et de neige.
This forced them to change course at which time the great sail of the PAIX was ripped off. The mizen sail was immediately deployed but was destroyed. A new
great sails was hastily installed but a wild wind gust destroyed it. The ship was getting close to shore, two anchors were put out but the storm broke the cables. The ship hit the shore and was
broken up from keel to board.. Élie Bordes, a sailor, jumped overboard and tried to swim to shore but drowned. This prevented the others from doing the same. Eventually the wind died down and
the crew was able to make it to shore including the ten or so who had been hurt in the incident.(1)
L’« Aigle d’Or » était déjà hors de vue et, ayant lui-même de sérieux problèmes, continua sa route pour sortir de la région dangereuse. Un officier du bateau en
détresse partit immédiatement vers Québec. Sept marins formaient l’équipage de sa chaloupe. Averti, le gouverneur Tracy ordonna alors aux capitaines des navires « Jardin de Hollande », «
Saint-Sébastien » et « Justice » d’arrêter à Matane pour prendre en charge les naufragés. Seul le « Saint-Sébastien », commandé par le capitaine Padejeu, pris en charge l’équipage du «
Paix », le 21 octobre 1665. Les survivants avaient laissé tous leurs effets personnels dans l’épave et, dans l’attente d’être secourus, ils avaient mangés des mollusques trouvés sur la plage.
Ils s’étaient construits deux abris de fortune, et ils travaillaient à se fabriquer un petit bateau dans le dessein de se rendre à Québec. Enfin, ils arrivèrent à la Rochelle le 23 novembre
1665, après une rapide traversée de 33 jours à bord du « Saint-Sébastien ».
Un compte-rendu des événements fut rédigé, signé par le capitaine Guillon sieur de Leaubertière, deux matelots et deux passagers. Le document fut
remis aux autorités de la Marine Royale à La Rochelle et, par la suite, déposé aux
archives.
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· Aujourd'hui vingt Troisiesme Jo' de Novemb' mil six cent
soixante Cinq par dt. nous Jean demirande eser Sr des Fraignees Sr ea en presance du procureur du Roy On comparu en leurs personnes Jean guillon Sr. de lembertiere Capne Entretenu po'
le service du Roy en la marine cy devant commandant le vaisseau du Roy apellé la Paix du port de trois cent Thonneaux ou environ, Jean Houtin mre dud vaisseau Jean Masson Maistre Vallet
René Lidal Louis Ouriau mariniers de lesquipage dicelluy jean Guygnan marchant de Cette ville & arnault poré aussi marchant passagers dans Ledt navire. Lesquels après serment par
eux faict de dire Vérité Nous ont dit tr. rapporté Q'ilz seraient partis de la Rade de chef de baye dans led. vaisseau chargé de gens de guerre de diverses sortes de munition de guerre
et de bouche pour porter a quebec Le quinziesme de May der' En Compagnie du vaisseau nomé Laigle d or comandé par le sieur de Villepart aussy Capitaine entretenu po' le service du Roy
et seraient arrives aud' lieu de quebecq Le dix neuf daoust der' ou ils auroient mis a terre Les gens de guerre quy estoient aud' vaisseau suivant le certifficat qui nous a esté
représanté du Sr. Tallon Intandant aud.' lieu de quebecq po.' le service du Roy En datte du dix huictiesme septemb' mil six Cent soixante cinq Et un autre Certifficat des Capnes &
autres officiers quy comandoient Lesd'. troupes quil nous a aussy représanté en datte du Vingt neufie' dud' mois d aoust des' signé Contrecoeur De mignard & Maximy Lesquels dits
sertifficats ont esté aussytot restitué après que Lecture En a esté faitte Et auroient demeures Lesd' quy raportes aud' lieu de quebecq depuis le dix neuf daoust Jusque au dix Neufie'
Septemb' der' tant po' y descharger lesd' troupes & marchandises que pour y lester les navires Et enfin auroient mis a la voille Les Jo' dix neuf dud' mois apres avoir ouy Le Coupt
de Canon de partance Tiré du bord dud' Vaisseau Laigle d or po' retourner En ses Costes. faisant laquelle route Estant a quelque quatre vingt lieue dud' quebecq le Travers du Capt de
matane un grand vant de Nord Nordaix se seroit levé quy les auroient obligé de tourner de bande Et estant augmenté acompagné de grele & de Neige Leur grande voile auroit esté
desfonsée au default de laquelle Ils auroient mis le' artimon po' Caper a la mer laquelle aussy auroit esté desfonsée par ung Grand Tourbillon de vant pour aquoy supler ils auroient heu
recours a une grande Voille de rechange qlz auroient Enverguée quy ausssytost aussy auroit esté desfonsée de manière qlz ce seroient trouves sans voille aucunes & led' vant ce
fortifiant de plus en plus Les auroient jetté malgré tout le devoir quils firent pour se conserver a la coste dud' lieu de mateime. La tempeste ayant rompu deux Cables de deux
ancres quils avoient mouillé po' tascher de ce sauver
Et estant led' vaisseau a la Coste rompu depuis Les En pature jusque a la quille ung de leur
mariniers nomé helye Bordes du lieu dit chapau pres maraine En xaintonge aprehandant que led' navire se brizast ce seroit jetté a la mer a la nage po' tascher de gagner la terre &
ce seroit noyé
Ce quy auroit arresté dautres Compagnon du bort quy avoient aussy mesme dessaing de se jetter a leau & dix
autres hommes dud bort seroient demenres Blesses et estropiés des maux quils avoient souffers pandant la tempeste & des Coups de mer Et finalement Le vant estant un peu calmé Ils
auroient tous mis pied a terre non Neantm- sans peril, duquel malheur le noffrage cy dessus ayant donné avis a quebecq a monsieur de Tarsy Lieuten' General po' le service du Roy En tous
les pais de lamerique par le Sr Ythier guillon Lieutn' aud' vaisseau avecq sept autres marinier ordre auroit esté donné au Sr de padejeu comandant un autre navire du Roy nomé le St
Sebastien et au Sieur de bouge Capne du vaisseau nomé Le Jardin de hollande et au s' guillet comandant Le Vaisseau La Justice de passer aud' lieu de matenne ou Ils ont faict noffrage
po' les prandre et recueillir dans le' vaisseaux ou de le' faire donner des vivres pour le' subsistances au cas quils ne peuvent les prandre dans leurs vaisseaux, lequel dit padejeu
seul seroit venu aud' lieu de matenne Le vingt et uniesme dud' mois d octobre dans la chaluppe duquel eusernt' dans celle de le' vaisseau quils avoient conservé et Envoyé aud' lieu de
quebecq Ils se seroient enbrques avecq les autres hommes de son esquipage & les passagers qz avoient ayant lessé tout ce quy estoit sauvé de leurdit navire sur la Coste dans deux
cabannes qilz y ont faict desquelles choses ils ont faict un invantaire Et pour ce qu regardes leur vestement & hardes les auroient entierem' perdus et lesses dans les Coffres quy
sont Ct auraient beaucoup soufferts en atendant des nouvelles de La' chaloupe, Nayant de pin ny de victuailles que Celles quils pouvoient tirer de le' vaisseaux mouillées et gastées
& des coquillages de la coste dud' pays depuis le vingt sixie' septemb' jusque aud' jo' Vingt & uniesme octobr' que les dittes chaloupes arrivoient aud' lieu ou ilz estoient
ayant pris resollution auparavant quelle fussent venue des des coperant de leur salut de ce mettre a chemin po' aller aud' lieu de quebecq moitie par eau & moitie par terre Et
trouvé moyen de bastir un petit bateau du desbris de leur navire Et Estant a bord du vaisseau dud Sr de padejeu auroyent continué leurs routtes seroient arrives heureusem' En cette
ville Vandredy der' quy est tout ce qlz ont dit duquel raport & desclaration cy dessus nous avons ausd' quy raportent Sceaux ce requérant donné acte pour leur valloir et servir ce
que de raison. faict et donné par nous Led' de mirande Les jo' & en presance que dessus Et ont Lesd' guillon Boutin peré & Grignon Signes & et les autres declare ne savoir
signer.
Guillon Leaubertiere
de mirande Ornaud peres Boutin grosseau Grignon
( 1 ) : Robert, Michel : Genealogy for the Descendants of the French Colonists of North America,
site web : www3.telus.net/michel_robert
Sources: Fonds des Archives départementales de la Charente-Maritime; La Rochelle
[France] , Bibliothèque nationale. Département des manuscrits. Mélanges de Colbert , [rc16514, 121151-4, 121166, 121191,121539] et
Fonds des Archives départementales de la Charente-Maritime; La Rochelle [France], Série B, Cours et juridictions, 1663-1667 vols B5666 p. 2-5.
Michel Ladouceur
Laval, Québec
Juillet 2005
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