Métiers des ancêtres de Paul Ladouceur # 2
Les métiers des ancêtres Lamagdeleine dit Ladouceur
Des métiers durs
Au XIXè siècle, les chefs de famille Ladouceur de l’île Bizard furent d’abord des propriétaires terriens qui cultivaient le sol et vendaient les produits de leurs fermes à différents marchands de Montréal. Certains d’entre eux allaient directement vendre leurs fruits et légumes sur le marché de Montréal, c’est à dire le Marché Neuf situé à l’endroit dénommé aujourd’hui Place Jacques Cartier ou au Marché Bonsecours, à partir de 1847. Ils partaient immédiatement après le souper pour arriver au marché très tôt le lendemain matin passant la nuit à somnoler sur leur charrette et se fiant à leurs chevaux pour les mener sans problème à Montréal.
Marché Neuf nommée Place Jacques Cartier en 1847
Jour de marché, place Jacques-Cartier, photographie de William Notman & Son vers 1890.
Archives photographiques Notman, Musée McCord d’histoire canadienne, View-2421. Source : http://www.vieux.montreal.qc.ca
Les cageux
Cependant les enfants étant nombreux, certains des aînés des familles Ladouceur cherchèrent d’autres voies pour s’enrichir recourant tantôt au « trappage
» ou à la traite des fourrures, tantôt aux travaux forestiers. Ils furent donc coureurs des bois ou bûcherons, ou encore, comme on les a longtemps désignés « voyageurs » . En effet,
plusieurs que ce soit à leur compte ou à titre d’engagé se dirigeaient vers l’Ouest du pays pour y récolter des fourrures ou du bois.
Les cageux étaient ces voyageurs qui transportaient le bois sur la rivière Outaouais et le fleuve St-Laurent jusqu’à Québec où d’autres travailleurs
embarquaient le bois sur des bateaux en partance pour l’Angleterre. Jeunes gaillards de moins de 30 ans, parfois très jeunes, ils menaient la vie dure vivant et couchant à la belle étoile
ou presque sur les cages pendant plusieurs semaines, faisant face aux éléments de la nature : courants vigoureux, vents forts, tempêtes glaciales, rapides dangereux.
Rue Saint-Paul en 1884
Rue Saint-Paul, la chapelle Notre-Dame-de-Bon-Secours, le marché Bonsecours, vers 1884.
William Notman & Son, Archives photographiques Notman, Musée McCord d’histoire canadienne.
Source : http://www.vieux.montreal.qc.ca
Les Ladouceur
Et parfois, ils devaient affronter des animaux inquiets et agressifs ou encore d’autres hommes enclins aux batailles pour régler des conflits ou
simplement mesurer leurs forces. Au XIXè siècle, au Canada français et même en Nouvelle-Angleterre francophone, dans la recherche d’ident vers 1884ification nationale de l’époque, l’intérêt était
grand pour les hommes forts canadiens français qu’on disait les plus forts au monde. On pense ici à Louis Cyr (1863-1912) dont les exploits ne semblent pas avoir été jamais égalés encore
aujourd’hui, mais aussi à bien d’autres tel que Horace Barré et Hector Décarie. L’un d’entre eux, Jos Monferrand (1802 à 1864), fut cageux durant une longue période.
Les frères Ladouceur, Jules et Moise, fils de Basile et de Josephte Beaulne, l’ont probablement côtoyé dans les années quarante. Jules âgé de 21 ans et
Moise âgé de 24 ans furent identifiés comme cageux en 1844. Leurs gains étaient d’environ 10 $ ou 12 $ par mois.
Pour sa part leur frère cadet, Onézime, le grand-père de Paul Ladouceur, était déclaré cageux sur la liste électorale de 1871 mais journalier sur celle de 1881. Il
avait alors 41 ans, et l’expédition dans l’Ouest lui apparaissait plutôt aventureuse pour un chef de famille avec déjà 6 enfants.
Au cours de leur périple les cageux arrêtaient à la Pointe aux carrières située au bord du Lac des Deux-Montagnes à l’entrée de la Rivière des Prairies.
C’était l’occasion pour eux de faire une halte de repos et de revoir la famille. Mais l’arrêt était commander par la nécessité de défaire les cages pour passer les rapides.

Le crochet représenté ici date de l’époque où les cageux arrimaient leurs cages à la Pointe aux carrières.
Source : Labastrou, Éliane : Histoire de l'Île Bizard, Corporation de la municipalité de Saint-Raphaël de l'Île Bizard, 1976
Les coureurs
des bois
« Au premier temps, les François alloient seulement chez les Hurons, et depuis à Missilimakinak, où ils vendoient leurs marchandises aux Sauvages des lieux, qui ensuite les alloient eschanger
à d'autres Sauvages dans la profondeur des bois, terres et rivières; mais à présent lesdits François, porteurs de congez, pour profiter davantage, passent sur le ventre à tous les Outaouas et
Sauvages de Missilimakinak pour aller eux-mesmes chercher les nations les plus esloignées, ce qui déplaist beaucoup à ceux-ci.
C'est aussi cela qui a fait faire de belles descouvertes, et quatre ou cinq cents jeunesses, des meilleurs hommes du Canada, sont occupez à ce mestier.
Ils nous ont donné la connoissance de plusieurs noms de Sauvages, que nous ne connoissions point; et à quatre ou cinq cents lieues plus loin, il y en a encore d'autres qui nous sont inconnus.
»
Extrait d'un mémoire d'Aubert de La Chesnaye, 1697.
Margry, Pierre : Mémoires et documents pourservir à l'histoire des origines françaises des pays d'outre-mer , tome VI, Paris, 1888.
Source : Archives nationales du Québec, http://www.anq.gouv.qc.ca/conservation/instruire/cartes/coureur.htm



